Photo communiquée par la police et prise à une date indéterminée
©REUTERS
Trafic de graisse humaine à destination de l’Europe au Pérou ?
France Info - 22 novembre 2009Les faits "paraissent incroyables, mais c’est la vérité". Le ministre péruvien de l’intérieur a eu du mal à présenter cette affaire de marché noir de graisse humaine destinée au marché des cosmétiques européens. Une affaire qui pourrait avoir fait des dizaines de victimes sur plusieurs années.
Dans cette affaire très étrange, le mythe rejoint la réalité : la bande soupçonnée s’appelait les "Pishtacos" (plus ou moins "les égorgeurs" en quechua), en référence à un personnage légendaire de la culture andine qui tuait et dépeçait ses victimes pour vendre leurs tissus. Ce contexte a d’ailleurs compliqué l’enquête, car les habitants des zones rurales concernées, “par peur de disparaître eux aussi, n’ont pas dénoncé des faits connus, et se bornaient à parler de mythes ou légendes” affirme la police dans un communiqué.
| Trafic de graisse humaine à destination de l’Europe au Pérou, le reportage d’Eric Samson (2'03") | |
Quatre Péruviens, trois hommes et une femme, ont à ce jour été arrêtés début novembre, à Lima et Huanuco, à 400 km au nord-est. Sept personnes au moins sont recherchées, dont deux ressortissants italiens identifiés à partir de communications téléphoniques selon le procureur Jorge Sans. Un des Italiens aurait regagné l’Europe, selon lui. A ce jour, un seul meurtre est avéré : un homme de 27 ans enlevé mi-septembre dans la région de Huanuco, et dont des restes ont été retrouvés. Dix-sept litres de graisse d’origine humaine ont été saisis. Le nombre de victimes est inconnu. Le leader présumé de la bande Hilario Cudena, 56 ans, en a mentionné "plusieurs" étalés sur plus de 30 ans. Mais selon le général de police Eusebio Felix ces aveux sont à prendre avec prudence. Enfin l’incertitude entourant l’affaire a été nourrie par le scepticisme de plusieurs chirurgiens péruviens, cités dans la presse. Si le recel commercial est bien le but, ceux-ci s’étonnent d’un modus operandi artisanal et fastidieux, quand des quantités de graisse humaine extraite en chirurgie, et de qualité plus pure, sont régulièrement mises au rebut par des hôpitaux, et faciles à se procurer.
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