France Info - La ministre de l’Economie, Christine Lagarde admet que le nombre de chômeurs a augmenté de 40.000 en août.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde admet que le nombre de chômeurs a augmenté de 40.000 en août.
© AFP / Jeff Pachoud

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Réunion de crise face au chômage

France Info - 29 septembre 2008

La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a admis hier que la France devrait compter environ 40.000 chômeurs de plus au mois d’août. Une hausse brutale du chômage qui prend le gouvernement au dépourvu, alors qu’il était légère hausse depuis le printemps. Une réunion d’urgence doit avoir lieu aujourd’hui à Bercy.

La mauvaise surprise, ce n’est pas que le chômage grimpe : il est en hausse depuis le mois de mai. Mais qu’il grimpe aussi vite. Avec des augmentations mensuelles de 0,1% à 0,3% entre mai et juillet (ramenant le chiffre à 1,9 millions de chômeurs), le gouvernement pouvait parler de “stabilisation”, après une année 2007 marquée par la décrue.
Mais si le chiffre d’août est bien “légèrement supérieur à 40.000” chômeurs en plus, comme le reconnaissait hier la ministre de l’économie, Christine Lagarde, il s’agit alors d’une augmentation de 2%, la plus mauvaise hausse mensuelle depuis mars 1993. Un net changement d’orientation qui provoque un vent de crise au gouvernement.

Précisions de Julie Bloch-Lainé  (0'47")
 

La ministre de l’Economie et le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquier, ont donc provoqué une réunion d’urgence à Bercy aujourd’hui avec des représentants de de l’ANPE, des Assedic et des missions locales. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, ne sera pas présent. Il estime que cette réunion ne relève pas de ses compétences de “réglementation du travail”.
Pour Christine Lagarde, il s’agit de “voir si tous les moyens que nous avons mis en œuvre pour les plus jeunes et les seniors fonctionnent”. et éventuellement de “concentrer les efforts là où ce serait nécessaire”.

Mais pas question d’élaborer de nouveaux dispositifs, ni d’en remettre d’autres en place. L’an dernier, dans un contexte faste, le gouvernement avait par exemple limité les contrats de travail subventionnés, ce qui a mis fin à des dizaines de milliers d’emplois. Mais cette fois, les marges financières sont quasi nulles, après le projet de budget présenté la semaine dernière, avec un déficit qui devrait s’alourdir de 52 milliards d’euros en 2009.

Jeudi dernier, lors de son discours de Toulon, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a rendu la crise financière internationale responsable des difficultés de l’économie française.
La ministre de l’Economie s’est empressée d’emprunter ce boulevard, expliquant notamment que l’intérim, premier poste d’ajustement des entreprises en difficultés, avait particulièrement souffert. Mais le contexte international ne peut sans doute pas tout expliquer. Pour preuve, la croissance française sera plus plus faible que celle de la zone euro en 2008 (1% contre 1,3%). Certains économistes dénoncent des mesures comme l’encouragement au recours aux heures supplémentaires qui amènerait les entreprises à se détourner des embauches. Analyse contestée par le gouvernement.

Quoiqu’il en soit, les experts sont à peu près tous d’accord pour reconnaître que la situation va continuer à empirer. Une pente bien mal orientée pour le gouvernement qui s’apprête à mettre en place le durcissement des conditions d’indemnisation des chômeurs.

Grégoire Lecalot, avec agences

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