France Info - Anne, l’adolescente de 14 ans, placée en garde à vue à Paris. Ici, de dos, avec sa mère - © AFP / François Guillot

Anne, l'adolescente de 14 ans, placée en garde à vue à Paris. Ici, de dos, avec sa mère - © AFP / François Guillot

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Enquête ouverte après la garde à vue de trois collégiennes

France Info - 9 février 2010

France Info vous le révélait ce matin : une jeune fille de 14 ans a été placée en garde à vue pendant neuf heures la semaine dernière à Paris pour une bagarre, tout comme deux autres collégiennes. Anne dit avoir été emmenée au commissariat en pyjama et avoir été brièvement menottée. Les policiers démentent. Une enquête a été ouverte par le préfet de police de Paris.

Tout a commencé la semaine dernière place Gambetta, dans le XXème arrondissement de Paris, lorsqu’une collégienne de 16 ans est agressée et notamment blessée au nez par un jeune garçon. Une bagarre entre adolescents qui donne lieu à un dépôt de plainte.
Le lendemain, trois jeunes filles de 14 ans sont interpellées pour être interrogées : deux d’entre elles au collège Gambetta, la troisième à son domicile. Selon un témoin, elles aurait participé à l’agression, ce que démentent leurs parents. Leur garde à vue dure neuf heures.

"La garde des vue des mineurs se développe sans raison" affirme Pierre Joxe, ancien ministre de l’Intérieur et membre du conseil constitutionnel, interrogé par Bernard Thomasson et Matthieu Aron  (2'06")
 

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Les règles de la garde à vue pour les mineurs

Avant 10 ans, un mineur ne peut être retenu. De 10 à 13 ans, il peut être retenu mais pas gardé à vue. Après 13 ans, il peut être gardé à vue pour 24 heures (renouvelables) mais selon certaines conditions qui diffèrent si l’adolescent a plus ou moins de 16 ans.

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Et les policiers ont agi "de manière disproportionnée" affirme la mère d’Anne, la jeune fille interpellée chez elle. Les policiers n’ont pas laissé le temps à l’adolescente de s’habiller, dit-elle. Elle a dû partir dans la tenue dans laquelle elle dormait, c’est-à-dire un jogging.
Pendant son transfert à l’hôpital, où elle a passé la visite obligatoire pour les mineurs en garde à vue, Anne dit avoir été menottée.

Faux, répondent les policiers. Anne portait "un jogging et un pull" et "n’a pas été menottée" assure Alain Gardère, directeur de la sécurité et de la protection de l’agglomération parisienne.

"Elle n’a pas été menottée" assure Alain Gardère, directeur de la sécurité et de la protection de l’agglomération parisienne  (0'26")
 

"Vous imaginez une jeune mineure conduite en pyjama au commissariat ? On est en France, ne l’oublions pas !" s’insurge Mohamed Douhane, membre du syndicat d’officiers de police Synergie. "Ses droits ont été strictement respectés. Elle a bénéficié d’un avocat et d’une visite médicale."
"La mineure ne s’est plaint à aucun moment" affirme de son côté la fonctionnaire de police qui a procédé à la garde à vue, sous couvert d’anonymat.

"La garde à vue s’est très bien passée" affirme la fonctionnaire de police qui a procédé à la garde à vue, sous couvert d’anonymat  (0'50")
 

"Une simple convocation au commissariat aurait suffi" selon Annie Gaforelli, membre de la FCPE du collège Gambetta où est scolarisée Anne  (0'26")
 

Quelle version est la bonne ? Le préfet de police de Paris a ouvert une enquête administrative, qui a été confiée à l’Inspection générale des services, la "police des polices".
Quant aux trois mineures, elles sont convoquées par le parquet le 16 mars prochain pour un rappel à la loi.



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