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Aubry installe son contre gouvernement sans les royalistes
France Info - 6 décembre 2008Trois semaines après le pathétique Congrès de Reims, le Parti socialiste tient un nouveau Conseil national. Il s’agit cette fois d’entériner la ligne politique pour la période 2008-2011, mais surtout d’installer la nouvelle équipe dirigeante d’un parti plus que jamais coupé en deux.
Entre les deux "belles du PS", le dialogue de sourds persiste.
"Les conditions de la rénovation et d’un rassemblement ne sont pas là, et la responsabilité en incombe à Martine Aubry", affirmait hier Vincent Peillon, lieutenant de Ségolène Royal.
| Les explications de Vincent Peillon (0'58") | |
En conséquence de quoi, les royalistes s’abstiendront lors du vote du Conseil national, et ne participeront pas à la nouvelle direction du PS.
| L’analyse d’Olivier Bost (1'04") | |
Ségolène Royal avait posé deux exigences : la présidence de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESER) et sa propre candidature au poste de numéro deux du parti. Ce qui lui aurait été refusé par Martine Aubry.
Marquer les ministres "à la culotte"
C’est dans cette ambiance de franche camaraderie que Martine Aubry installe aujourd’hui le secrétariat national, la nouvelle direction du PS. Un secrétariat que la nouvelle première secrétaire veut construire comme un "shadow cabinet" à l’anglaise, un véritable contre-gouvernement d’une quinzaine de membres, comme dans l’équipe Fillon, plus quelques autres. Chacun d’entre eux devra "marquer à la culotte" son homologue du gouvernement.
Mais au sein même des pro-Aubry, le casting de cette équipe resserrée est un vrai casse-tête. Car la nouvelle première secrétaire est bien obligée de composer avec les différentes sensibilités issues des scrutins internes du PS. De faire une place à tous les "camarades" qui l’ont soutenue, même tardivement.
Les stigmates du "TSS"
Hier, les tractations achoppaient encore sur le poste de numéro deux. Si bien que la nouvelle première secrétaire envisageait de le supprimer purement et simplement, pour contourner le problème. Benoît Hamon deviendrait alors porte-parole, et Harlem Désir, proche du maire de Paris, serait chargé de la coordination.
Le Conseil national, sorte du Parlement du PS, doit également avaliser la composition du Bureau national, composé de 70 membres dont une cinquantaine sont désignés à la proportionnelle des motions : 14 pour les partisans de Martine Aubry, autant pour Bertrand Delanoë, 10 pour Benoît Hamon et 18 pour Ségolène Royal.
Trois semaines après le Congrès de Reims, le PS porte encore les stigmates du "tout sauf Ségolène".
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