France Info - Jean Ferrat, en 2004, lors de la fête de l'Humanité, à la Courneuve - (c) AFP/Pierre Verdy

Jean Ferrat, en 2004, lors de la fête de l'Humanité, à la Courneuve
© AFP/Pierre Verdy

  • fermer
  •  

Veuillez vous identifier

Destinataires

 

Votre message



La mort de Jean Ferrat, le chanteur engagé

France Info - 13 mars 2010

Le chanteur-compositeur-parolier Jean Ferrat vient de mourir, à l’âge de 79 ans, des conséquences d’une mauvaise chute. Il s’est éteint à Aubenas, en Ardèche, où il résidait depuis des années. C’est cette région qui lui avait inspiré "La montagne", l’un de ses plus grand succès en 1964.
Mais ce sont aussi la poésie, la révolte, la fraternité et l’idéal communiste qui ont nourri son œuvre. Ces chansons, sans concessions, auront d’ailleurs parfois du mal à se faire entendre...

C’est un chanteur qui disparaît, mais aussi un militant indéfectible. Jean Tenenbaum pour l’état-civil, a porté l’étoile jaune à 11 ans, et perdu son père, déporté à Auschwitz. L’enfant sera alors sauvé par un militant communiste. Il ne l’oubliera jamais. "On ne guérit pas de son enfance", dira-t-il plus tard.

La mort de Jean Ferrat. Sa vie, son oeuvre Reportage en musique de Marion Bernard  (3'57")
 

La biographie de Jean Ferrat Par Grégory Philipps  (1'28")
 

À la Libération, il quitte le lycée pour aider sa famille, devient aide-chimiste jusqu’en 1954, passe alors ses premières auditions dans des cabarets parisiens et prend le nom de Jean Ferrat. En 1961, c’est le succès, sa première grande scène à l’Alhambra. Il triomphe avec "Ma môme" et "Deux enfants au soleil". Mais très vite, il choisit d’interpréter des textes plus engagés.

Je n’existerai pas si je n’avais pas chanté les chansons que je chante Jean Ferrat par lui-même  (0'48")
 

En savoir plus
Un chanteur engagé et...censuré

"Chantez autre chose", s’est entendu dire Jean Ferrat à l’ORTF en 1965. Petit florilège de ses titres jugés "trop politiques" et par conséquent interdits d’ondes et d’écrans dans les années 60 et 70.

Lire la suite
 
 
 

"Je ne chante pas pour passer le temps"

"Nuit et brouillard" en 1963 ne sera pas diffusée sur les radios. Puis "Potemkine" en 1965 sera interdite d’antenne. Il composera et interprètera comme ça quelque 200 chansons, mêlant hommages à Louis Aragon, déclaration d’amour à sa région d’adoption l’Ardèche et textes politiques.

Ferrat et la télévision, ça faisait deux Interview du chanteur, sur France Bleu Drôme Ardèche  (1'57")
 

Jean Ferrat sera compagnon de route du PCF, sans jamais cependant être encarté. Rapidement, d’ailleurs, il prend ses distances avec Moscou. Dans "Camarade", il dénonce l’invasion russe de Prague en 1968 et, dans "Bilan", il fustige la déclaration de Georges Marchais sur le "bilan globalement positif" des pays de l’Est.

Plus récemment, l’homme reste engagé. Il multiplie les apparitions à la fête de l’Huma, se prononce pour la candidature de l’altermondialiste José Bové à la dernière présidentielle et apporte son soutien, pour les régionales, à la liste du Front de gauche en Ardèche.

"Je ne suis qu’un cri"

Politique, mais chanteur. Sa discographie est prolifique : "Aimer à perdre la raison", "La femme est l’avenir de l’homme", "Camarade", "Que serais-je sans toi ?"... Réticent à passer à la télévision, après ses expériences de censure, Jean Ferrat sera pourtant récompensé pour son œuvre à deux reprises, en recevant le prix de l’académie Charles Cros en 1963 et le grand prix de la chanson de la SACEM en 1994.

Jean Ferrat en chansons Tour de chant, réalisé par Aurélie Bambuck  (1'56")
 

Il quitte la scène pourtant en 1972, après un dernier passage au Palais des sports. Et se retire en Ardèche, sa région de cœur. Son havre de paix s’appelle Antraigues, petit village, immortalisé en 1964 pas sa chanson "la Montagne".

"Ma rencontre avec l’Ardèche" Jean Ferrat, interrogé par France Bleu Drôme Ardèche  (2'04")
 

Disque de platine en 2009

Dès lors, il sortira peu de sa tanière. Mais chaque apparition, chaque nouvel album est un évènement médiatique et l’occasion d’un nouveau coup de gueule. Et la dernière compilation de ses succès, sortie fin octobre dernier, est disque de platine et s’est classée parmi les 10 compilations les plus vendues en 2009, preuve d’un succès rémanant. En 1985, il signait "Je ne suis qu’un cri", où il chantait "Moi, si j’ai rompu le silence, c’est pour éviter l’asphyxie"...

Cécile Quéguiner avec agences


Derniers articles Musique

le fil actu France Info

Podcast

RSS

France Info - separateur
  • L'ouragan Earl se renforce en approchant des côtes américaines http://is.gd/ePZZw

    01 septembre 2010, 23h37
  • Top14 : Paris et Bayonne reviennent en première ligne http://is.gd/ePWZO

    01 septembre 2010, 23h09
  • Mondial de basket : premier revers pour la France http://is.gd/ePShI

    01 septembre 2010, 22h07
  • Exploit de Michaël Llodra à Flushing Meadows

    01 septembre 2010, 21h09
  • Université d'été du MEDEF : les patrons sans les syndicats http://is.gd/ePAag

    01 septembre 2010, 18h55
  • Perquisition au domicile de Liliane Bettencourt, qui se dit choquée http://is.gd/ePzCp

    01 septembre 2010, 18h49
  • L'acteur Michael Douglas est atteint d'un grave cancer de la gorge

    01 septembre 2010, 18h45
  • Les talibans pakistanais sur liste noire

    01 septembre 2010, 18h37
  • Afghanistan : les trois soldats français blessés l'ont été par des tirs... français http://is.gd/ePuWh

    01 septembre 2010, 17h56
  • Fin de l'engagement américain en Irak http://is.gd/ePrim

    01 septembre 2010, 17h09
  • Football : un nouveau renfort pour les Bleus http://is.gd/ePnRY

    01 septembre 2010, 16h25
  • Proche Orient : reprise des négociations demain mais sans l'Union Européenne http://bit.ly/aWKkzL

    01 septembre 2010, 14h05
 
Facebook
Vos chroniques Culture

France Info vous offre...Tous les événements