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Profits du CAC 40 : un succès français !
Emmanuel Kessler - 10 mars 2010
L’insolente santé du CAC 40 : 47 milliards d’euros de bénéfices en 2009 pour les quarante plus grandes entreprises françaises qui composent l’indice vedette de la Bourse de Paris. Comme si la crise glissait sur ses groupes. Comment ont-elles réussi ce tour de force ?
| Version audio : la France attire aussi les entreprises étrangères... (2'23") | |
Le CAC 40, c’est le navire amiral de l’économie française. Il a gardé son aspect rutilant malgré les tempêtes. A côté, une masse d’embarcations beaucoup plus frêles : les PME, qui rament pour boucler leur trésorerie. Deux mondes. L’explication, c’est d’abord que les grands groupes réalisent l’essentiel – à peu près les deux tiers – de leur activité à l’étranger, notamment dans les pays émergents, en Asie, en Amérique du Sud, qui ont mieux tenu dans le marasme. Si on regarde les choses de plus près, on voit qu’ils ont quand même trinqué. En 2007, les bénéfices, c’était le double : 100 milliards. Surtout, les profits résistent malgré une baisse de leurs chiffres d’affaire, de leurs ventes, de plus de 8%. Ca veut dire que les entreprises du CAC 40 se sont livrées à une impitoyable chasse aux coûts : elles ont taillé dans les dépenses, les investissements. Et les effectifs. Les restructurations, c’est le prix à payer pour maintenir des marges et… des dividendes pour les actionnaires.
Malgré cela, cette bonne résistance des entreprises du CAC 40, c’est quand même une bonne nouvelle ?
Oui, d’ailleurs il faut souligner que, dans les grands groupes, quand l’emploi s’ajuste, il y a toujours des moyens d’éviter les licenciements secs. Surtout, il faut voir ce qu’est le CAC 40. Une équipe de champions du monde. Peu de pays en ont de ce niveau. On peut faire des reproches à Total, mais la France a quand même la chance d’avoir un groupe français dans le Top 6 des compagnies pétrolières. Prenez Lafarge, c’est le premier groupe au monde pour le ciment et le béton, là aussi une denrée d’utilité universelle. Suez Environnement et Veolia : une excellence française qui domine la planète pour gérer la distribution d’eau potable dans les grands pôles urbains. On pourrait citer Sanofi-Aventis dans la pharmacie, etc.
Et si ces groupes rayonnent dans le monde, il faut savoir aussi que la France attire : plus de 600 entreprises ont décidé l’an dernier de s’installer dans l’hexagone. 30 000 emplois. 2è rang mondial pour l’accueil des investissements étrangers, juste après les Etats-Unis. A trop regarder ses travers, la France finit par en oublier ses atouts et ses succès. Il ne faut pas les bouder.
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