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Airbus : un revers américain, un succès européen...
Emmanuel Kessler - 9 mars 2010
Fin de partie pour EADS. Son allié américain sur un méga contrat de 35 milliards de dollars, pour fournir des avions ravitailleurs à l’armée américaine, vient de se retirer de la course. Boeing se retrouve désormais seul dans l’appel d’offre du Pentagone. Que s’est-il passé ?
| Version audio : EADS solde les comptes de l’A400M... (2'26") | |
Airbus, victime du patriotisme économique américain. Il y a deux ans, dans une histoire déjà à rebondissements, le groupe européen, associé à un constructeur de Californie, Northrop Grumann, coiffait au poteau Boeing et emportait le marché du renouvellement de 179 avions ravitailleurs de l’US Army. Avec un modèle dérivé de l’A330. Une féroce bataille juridique s’en est suivie et Boeing a réussi à faire casser le contrat. Le Pentagone a alors préparé un nouvel appel d’offres dont il est apparu assez vite qu’il était construit sur mesure pour repêcher l’offre de Boeing. Boeing dont la pression a pu être d’autant plus efficace que la firme a son siège à Chicago, le fief de Barack Obama.
Quelles conséquences de ce revers pour EADS, la maison mère d’Airbus ? Ses dirigeants ont été prévenus hier soir mais ils avaient compris depuis plusieurs mois que c’était pratiquement fichu. C’est tout de même une occasion manquée. Notamment celle de construire aux Etats-Unis une usine pour assembler des avions, ce qui aurait été intéressant financièrement, puisque le grand problème d’Airbus quand il fabrique en Europe c’est de construire en zone euro, avec les coûts d’une monnaie chère, pour vendre ensuite en dollar, la devise dans laquelle se facturent les avions.
EADS vient tout juste de publier ses résultats. De quoi oublier cet échec ?
Oui et non. Le constructeur plonge dans le rouge, avec 760 millions de pertes en 2009, liées surtout aux charges inscrites pour couvrir les retards et les surcoûts de l’A 400M, son futur avion de transport militaire. Mais une fois soldés ces mauvais comptes, l’essentiel, c’est que le programme est préservé, après un accord arraché la semaine dernière avec les 7 pays européens clients, dont la France. Et il a à terme de très bonnes perspectives de vente, notamment en Asie. EADS célèbre cette année son 10ème anniversaire. L’objectif était d’imposer une grande industrie européenne de l’aéronautique et de l’espace. Cette ambition n’a donc pas perdu son sens. Airbus perd une conquête américaine mais sauve la mise sur son premier terrain d’envol : l’Europe.
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