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Euro : l’heure de vérité
Emmanuel Kessler - 8 février 2010
Très grande nervosité sur les marchés boursiers. La Bourse de Paris a perdu près de 10% depuis le 1er janvier. A Tokyo ce matin, le Nikkei perd à son tour un peu plus de 1%. En cause : la solidité de la zone euro mise à mal par la situation des pays de l’Europe du Sud. Que peuvent faire les dirigeants européens pour sortir de cette tourmente ?
| Version audio : les dirigeants européens face au dilemme grec... (2'30") | |
Ils font face à un dilemme sans précédent pour l’Europe monétaire. La situation : c’est un membre de l’euro, aujourd’hui, la Grèce, qui a de plus en plus de mal à trouver des prêteurs pour financer ses dépenses. Les marchés financiers sont de plus en plus réticents à lui prêter de l’argent. Alors il y a deux options. La solidarité. On imagine par exemple qu’un emprunt grec soit garanti par les autres pays de l’euro. Mais ce serait une entorse aux règles du jeu de la monnaie unique. Il est prévu que chaque pays gère tout seul ses finances. Parce que sinon ce serait trop facile, les meilleurs élèves paieraient pour les mauvais. Soit l’Europe laisse la Grèce se débrouiller seule, mais ce serait aussi un mauvais signal. Ca montrerait que les pays les plus fragiles risquent de se retrouver économiquement étouffés avec une dette de plus en plus lourde et de plus en plus chère. Donc il n’y a pas de bonne solution
Certains prédisent la fin de l’euro. Est-ce qu’il y a vraiment une menace pour la monnaie unique ?
L’euro s’est installé. On n’imagine mal son éclatement. Difficile même de concevoir techniquement qu’un pays se retire de la monnaie unique. Mais ce qui est sur c’est que dans cette crise, la monnaie unique joue sa crédibilité. Ce week-end, les ministres européens des Finances ont fait savoir qu’ils refusent l’intervention Fonds monétaire internationale, qui serait vécue comme un aveu d’impuissance, une humiliation presque. L’euro, ciment monétaire pour 16 pays, était apparu ces derniers mois plutôt comme un bouclier pour atténuer les effets de la crise. Mais le bouclier dissimulait des boulets. Derrière le rempart, les failles. Elles sont d’abord politiques : la monnaie unique ne repose pas sur un pilotage en commun. Dans les premiers temps de la crise, quand on dépensait sans compter, ça ne se voyait pas. Aujourd’hui, l’assainissement des comptes revient à l’ordre du jour. Et selon l’adage du multi-milliardaire américain Warren Buffet, c’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus.
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