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Emmanuel Kessler

Rédacteur en chef adjoint de la chaîne parlementaire Public Sénat, il a rejoint France Info en 2007 pour un décryptage quotidien de l’économie.

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France Télécom : Lombard débarqué... en douceur

Emmanuel Kessler - 2 février 2010

C’est officiel depuis hier soir. Le patron de France Telecom, Didier Lombard, va céder les rênes du groupe à son n°2 Stéphane Richard le 1er mars. Il ne gardera que la présidence – non exécutive – du conseil d’administration, jusqu’au terme normal de son mandat, en 2011. Il a donc finalement accepté de précipiter sa succession…

Version audio : sortie de crise sociale à France Télécom...  (2'13")
 

Précipitation lente tout de même… Et sortie en douceur. Il a fallu six mois, après qu’a éclaté au grand jour la crise des suicides à France Telecom, pour en tirer les conséquences quant à la responsabilité du PDG dans le management de l’entreprise. 35 cas de suicides en deux ans selon les syndicats. Didier Lombard s’est néanmoins accroché à son fauteuil jusqu’à ces derniers jours. Et c’est une porte de sortie très honorable qui lui est réservée, puisqu’il garde un poste de Président en charge de la stratégie. Même s’il cède le commandement opérationnel du groupe à Stéphane Richard, l’ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, dépêché cet automne pour tenter de calmer la fièvre. Un schéma – dont les dessous financiers n’ont d’ailleurs pas été révélés, Lombard gagne à ce jour 1,6 million d’euros par an - qui n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé à la Société Générale, où Daniel Bouton a pu conserver son poste de Président pendant 15 mois après l’affaire Kerviel. N’importe quel salarié est viré sans ménagement pour tellement moins que cela. Petits arrangements pour grands patrons.

Le statu-quo n’était plus possible

Car la crise sociale a fini par se transformer en interne en crise de management. L’autorité de Lombard était atteinte. Et cela a même fini par peser sur la confiance des investisseurs. France Telecom a été l’une des rares valeurs du CAC 40 à voir son cours baisser l’année dernière. Sans parler de la confiance du grand public. Le groupe a dégringolé de 20 places dans le palmarès des entreprises préférées des Français. Face à des concurrents de plus en plus offensifs dans les telecoms, ce déficit d’image devient un handicap. Stéphane Richard doit donc tourner la page. D’ailleurs, d’ici quelque temps, le nom de France Telecom va disparaître au profit de la seule marque Orange. Mais avant ce coup de peinture, il y a encore pas mal de fissures à colmater dans les murs.


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