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Conflits sociaux : Noël en otage
Emmanuel Kessler - 11 décembre 2009
Noël sera-t-il gâché par les grèves ? Celle du RER A se durcit, les négociations avec les routiers n’ont toujours pas abouti. Seul soulagement : les retraits de préavis à la SNCF. Comment expliquer cet enchaînement des tensions sociales alors que les fêtes de fin d’année s’approche ?
| Version audio : les risques de grèves mettent le gouvernement au pied du mur... (2'11") | |
Le moment n’est pas choisi au hasard. C’est celui de la pression maximum. Prenez le RER A : la ligne la plus fréquentée d’Ile-de-France, mais surtout celles qui permet de rejoindre les grands magasins et le quartier des Halles : deux centres névralgiques, deux lieux symboles pour les achats de fin d’année dans la capitale et qui se trouvent perturbés, au moins jusqu’à demain, l’avant dernier week-end avant le 25 décembre. Les « dabistes », ceux qui alimentent les distributeurs de billets, visent évidemment le même objectif en menaçant de cesser le travail dans dix jours. Quant aux routiers, s’il n’y a pas d’accord, ils bloqueront les relais d’approvisionnements en produits frais : adieu dinde, huitres et foie gras sur la table des réveillons. Des producteurs de lait menacent maintenant de les rejoindre. C’est bien toute la mécanique de Noël qui pourrait être enrayée. Avec un risque de dégâts importants pour l’économie, car décembre est un mois crucial pour la consommation.
Oui mais Ce sont les Français qui risquent d’être exaspérés alors qu’ils attendent cette trève de fin d’année ?
Et il faut voir derrière ça un message d’attente sociale forte, qui vise au moins autant le gouvernement que les patrons eux-mêmes. A quelques encablures des élections régionales, ceux qui sortent l’arme de la grève savent que le pouvoir ne peut laisser s’installer un conflit social pendant Noël. Ce durcissement, c’est un retour de boomerang pour Nicolas Sarkozy. Son omniprésence sur le moindre dossier, l’autosatisfaction dont il fait preuve sur son traitement de la crise, les aides massives dégagées pour les banques et l’automobile, tout cela incite des syndicats à le pousser, en prenant Noël en otage - c’est le point commun de tous ces conflits – à rentrer dans le jeu des relations sociales pour régler les situations. Au fond, il a laissé entendre qu’il détient la clé de tous les problèmes, y compris celui des salaires. C’est un engrenage dont, avec le gouvernement, il va avoir beaucoup de mal à sortir.
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