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Question d’argent Placements, actions, obligations, marché immobilier... les conseils de l’expert et des réponses avisées aux questions d’auditeurs
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Spéculation obscène
La spéculation actuelle sur les matières premières agricoles a quelque chose d’obscène. On avait déjà eu du mal à se faire à l’idée qu’il était légitime de spéculer à la baisse sur certaines actions, ce qui déstabilise forcément les entreprises attaquées. Les baissiers se justifient en disant qu’ils provoquent une rationalisation de la gestion, bref qu’ils rendent finalement service aux entreprises, ce qui n’est pas tout à fait faux. De même ceux qui spéculent à la hausse sur le baril de pétrole peuvent dire qu’ils poussent à faire des économies d’énergie. A ceci près qu’ils commencent par faire souffrir notamment les plus pauvres des utilisateurs. Mais spéculer sur le blé, sur le maïs, désormais sur le riz, qui représente la base alimentaire de la moitié du globe, paraît carrément ignoble. Pour compenser leurs pertes en bourse, une poignée de capitalistes blasés est prête à affamer le monde. Même si la spéculation n’explique pas à elle seule la flambée actuelle de pratiquement toutes les matières premières. Cette flambée a aussi des explications économiques. Ou climatiques, comme la sécheresse persistante en Australie qui crée un déficit de blé. Ce même blé, ainsi que le maïs, est aussi affecté par les projets d’agrocarburants, dont on commence à se rendre compte qu’ils risquent de consommer non seulement des ressources agricoles considérables, mais les terres dont elles sont tirées. On n’a pas assez parlé de l’interview du patron de Nestlé qui tirait récemment la sonnette d’alarme sur le sujet.Enfin, le Fonds Monétaire International place la spéculation en première ligne des dérèglements actuels ! Alors, poursuivre les spéculateurs ? C’est impossible dans une économie ouverte, car ils peuvent s’implanter où ils veulent et ils trouveront toujours une place de cotation complaisante. La fameuse « taxe Tobin » sur les mouvements de capitaux présentait le même inconvénient. Simplement, il faut tâcher d’identifier les fonds qui dominent de marché et raconter leurs exploits édifiants. Il faut aussi espérer que les lois de l’économie de marché joueront. Si nous sommes en récession (ou même en fort ralentissement économique) comme on l’écrit partout, les prix des matières premières sont beaucoup trop élevés. Quand cette bulle crèvera, les spéculateurs vont prendre la claque de leur vie ! Archives de la chronique Question d’argent
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