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Politique en coulisses L’actualité politique décryptée par Marie-Eve Malouines, chef du service politique de France Info. |
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Dominique Strauss-Kahn, champion des sondages
France Info - 25 novembre 2009
C’est un homme dont parle beaucoup le monde politique, mais qui lui-même est peu bavard. Sans jamais se prononcer sur la vie politique française, Dominique Strauss-Kahn est le meilleur présidentiable du PS, à en croire les derniers sondages…
C’est le directeur du FMI, le fonds monétaire international… il sillonne la planète pour améliorer la situation économique mondiale, rencontre les dirigeants des pays les plus fragiles, et discute avec les plus puissants… Et c’est aussi un présidentiable du parti socialiste… Un présidentiable qui compte, puisque d’après les sondages, c’est même le seul, au PS, qui serait capable de battre Nicolas Sarkozy en 2012… Un avantage dont se gargarisent ses amis, mais pas lui, ou très discrètement, parce qu’il est tenu à un devoir de réserve incontournable de par la nature de sa fonction internationale…
Après sa désignation à la tête du FMI fin 2007, il était venu assister à une réunion interne au PS… sans rien dire… mais c’était déjà trop partisan pour le code de bonne conduite interne du FMI, et depuis, Dominique Strauss-Kahn se tient à distance des débats de son parti, n’en parle jamais, mais parvient quand même à garder son rang de présidentiable…
Grâce aux sondages, mais aussi une communication bien gérée…
En tant que président du FMI, chacune de ses appréciations sur la crise fait événement… Mais Dominique Strauss-Kahn sait aussi choisir ses interventions … A vous de juger sur France 2 en mars dernier, le grand journal sur canal, ce soir… De grands show télévisés où il peut déployer tous ses talents d’orateur médiatique, séduire l’électorat de centre gauche et au-delà, sans vraiment parler de politique hexagonale… C’est bon pour sa popularité, et son statut de présidentiable…
Et même s’il n’est pas un candidat déclaré à la présidentielle, Dominique Strauss-Kahn est respecté, à gauche comme à droite…
Ce n’est pas quelqu’un sur lequel on polémique… Même ses plus anciens ennemis au PS, s’inclinent devant sa popularité et sa carrure internationale, comme Laurent Fabius, sur LCI ce matin : "c’est une bonne chose d’avoir Dominique Strauss-Kahn, parce que c’est un des quelques socialistes qui a les épaules pour être président de la République. Il faut appeler un chat un chat. On verra avec Dominique Strauss-Kahn ce qu’il veut faire".
Et ceux qui soutiennent un ou une autre présidentiable, se contentent de relativiser la performance du héros des sondages, comme Gaëtan Gorce, ami de Ségolène Royal : "compte tenu de la difficulté de la situation économique, tous ceux qui ne sont pas directement impliqués dans la situation ont un avantage. Parce qu’évidemment ils ne sont pas confrontés à la dureté de la gestion des affaires publiques. C’est plus difficile quand il reviendra dans les affaires publiques."
Et même à droite, du coté de ses adversaires politiques, quand on ne veut pas dire du bien de Dominique Strauss-Kahn, on ne dit rien ou presque, comme Alain Juppé : "Moi, ça me laisse plutôt froid… "
D’autres UMP sont plus diserts, mais sans dire beaucoup plus, en réalité, comme le ministre de la relance, Patrick Devedjian : "C’est certainement une personnalité à ne pas sous estimer. C’est quelqu’un d’intelligent de qualité, c’est quand même le directeur général du FMI, c’est-à-dire une personnalité internationale de poids. Ce n’est pas quelqu’un à prendre à la légère. Et en tout cas, c’est quelqu’un qui a une compétence économique, et une audience internationale, ce n’est pas quelqu’un à négliger."
Et de fait, personne ne néglige Dominique Strauss-Kahn….
Pourrait-il être candidat à la présidentielle en 2012 alors ?
Comme le disaient ses supporters, quand il a affronté Ségolène Royal lors de la primaire interne au PS, en 2006, les sondages ne font pas tout… Mais le vrai problème pour Dominique Strauss-Kahn, sera le calendrier… son mandat au FMI prend fin en septembre 2011… Or, la primaire socialiste, pour désigner le candidat du PS, pourrait bien avoir lieu avant… Dominique Strauss-Kahn courra-t-il le risque de laisser le FMI en plan pour cette désignation ? s’il n’est pas sûr et certain de l’emporter, ses adversaires parient que non… D’autres susurrent des raisons plus politiques qui l’empêcheraient d’y aller… Dominique Strauss-Kahn devrait sa nomination au FMI à Nicolas Sarkozy, qui ne manquerait pas de lui rappeler cette dette… D’autres posent une condition beaucoup moins politique… Après plusieurs années à se frotter à des enjeux planétaires, Dominique Strauss-Kahn aura-t-il envie de se replonger dans le maelström de la vie politique française ? la politique est aussi une affaire très humaine…
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