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La fin des DRM
Jérôme Colombain - 19 janvier 2009
| Ecoutez cette chronique (2'00") | |
La nouvelle est passé presque inaperçue. Elle est tombée en catimini vendredi soir, juste avant l’ouverture du Midem alors qu’on évoquait déjà le sujet dans cette chronique en fin de semaine dernière. Ça y est : Universal France et Sony France abandonnent les DRM. L’heure de la délivrance a enfin sonné pour les consommateurs de musique. Cinq ans environ après la mise en place de cette invention que l’on peut qualifier de stupide, les internautes qui téléchargent légalement des chansons ne seront plus enquiquinés par ces fameux verrous numériques (cela dit, tous leurs problèmes techniques ne sont pas encore réglés pour autant…).
Les professionnels français du disque avaient promis de supprimer les DRM dès l’entrée en vigueur de la loi sur le piratage. En réalité, la loi Hadopi qui a pris du retard n’est pas encore là. Selon la ministre de la Culture, Christine Albanel, le texte pourrait arriver devant l’Assemblée Nationale fin février. Au niveau international, les 4 majors Universal, Sony et auparavant Warner et EMI ont toutes décidé de faire une croix sur les DRM et il était donc logique que les filiales françaises appliquent cette décision dans l’hexagone. Faute de loi Hadopi, Universal a pris le prétexte d’une déclaration de principe de Nicolas Sarkozy contre le piratage.
Cette décision prend une saveur toute particulière du côté d’Universal France puisque son patron, Pascal Nègre, s’est longtemps fait l’apôtre irréductible des fameux DRM.
Pascal Nègre sur France Info : « nous n’avons plus besoin de faire de l’autodéfense car désormais l’Etat nous protège »
| Pascal Negre, PDG d’Universal France (4'18") | |
Conséquence pratique : la musique en MP3 vendue, par exemple, sur FnacMusic peut désormais être écoutée sur un iPod. Autre effet induit : fini les bugs sur ordinateur qui font perdre toute sa musique en cas de changement de disque dur… Etc. Cela dit, la suppression des DRM ne concerne que les chansons vendues à l’unité et pas les téléchargements illimités. Là, pas question de faire sauter les DRM (pour l’instant...). Du coup, les problèmes vont continuer. Par exemple : pas question de télécharger sur un iPod de la musique provenant de l’offre légale MusicMe. On n’est pas au bout de nos peines...
Aux Etats-Unis, autre affaire liée à la musique numérique… Jeudi prochain, un internaute passera en justice pour avoir téléchargement illégal de fichiers en peer-to-peer. Il est poursuivi par la puissante Recording industry association of America, l’équivalent américain de la Sacem. Et la particularité de ce procès c’est qu’il sera filmé et retransmis sur le Web. Non pas à la demande des ayant droits, d’ailleurs, mais à la demande de l’accusé. Son avocat espère en fait un procès pour l’exemple en démontant l’argumentaire de l’accusation.
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