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Les talents de la musique ont-ils encore leur place dans les médias ?
Amaury de Rochegonde - 31 janvier 2010
L’Union des producteurs indépendants et le Syndicat national de l’édition phonographique s’accordent sur une constat : les jeunes talents ont tendance a disparaître des antennes aux heures de grande écoute.
Constance Amiot est une chanteuse de talent éditée par le prestigieux label tôt ou tard. Dans un monde médiatique idéal, c’est-à-dire un monde qui laisserait sa place aux jeunes talents, elle ne tarderait pas à éclore. Mais encore faut-il qu’elle puise se faire connaître des radios et des télévisions. Or, comme l’a déclaré cette semaine au Midem, à Cannes, Vincent Frèrebeau le patron du label Tôt ou tard et président de l’Union des producteurs indépendants, « on est dans un contexte médiatique épouvantable, avec une véritable difficulté pour les producteurs à faire connaître leurs artistes ». Le Marché international de l’édition musicale qui vient de s’achever laisse ainsi apparaître des lacunes médiatiques qui n’ont pas échappé à Frédéric Mitterrand. « Il faut aujourd’hui une circonstance festive ou dramatique pour que les artistes soient présents à la télévision », observe le ministre de la culture qui souhaite une révision du cahier des charges de France Télévisions sur ce point. Le service public n’a-t-il pas vocation à être, dit-il, « le lieu des découvertes » ? On répliquera bien sûr par le prix Constantin sur France Inter et France 2 ou par Taratata, avec Nagui, qui est une émission consacrée à la découverte des nouveaux talents. Mais le prix Constantin n’a lieu qu’une fois par an et Taratata, qui était programmé sur France 2 en deuxième partie de soirée il y a quinze ans, est devenue un programme mensuel de la TNT, sur France 4, rediffusée tard dans la nuit par France 2. Selon le Syndicat des éditeurs phonographiques, la part de la musique est aujourd’hui tombée à 1% en première partie de soirée sur les grandes chaînes hertziennes et, malgré la présence de chaînes musicales comme W9 ou Virgin 17, à 2,9% sur la TNT. Même la radio a tendance à diminuer la part de musique diffusée à l’antenne. La chanson francophone y est concentrée sur des heures de faible écoute et 85% des diffusions portent sur les quinze mêmes nouveautés. On pourrait croire alors que le salut viendra du web. Le seul souci, c’est que les internautes sont très peu enclins à acheter de la musique. Donc à faire vivre les nouveaux artistes. Il reste à espérer que cela changera avec la loi Hadopi et l’arrivée, promise pour l’été, d’une carte pour les jeunes.
| La chronique d’Amaury de Rochegonde (2'02") | |
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