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Faut-il taxer Google ?
Amaury de Rochegonde - 10 janvier 2010
La perspective d’une taxe sur Google et les revenus publicitaires en ligne laisse sceptiques les acteurs du web.
Faut-il taxer Google ? C’est la question qui se pose depuis que le chef de l’Etat a demandé jeudi une expertise pour je cite “appréhender fiscalement les activités publicitaires des grands portails et moteurs de recherche internationaux présents en France”. En d’autres termes, et comme l’a dit de façon très assumée Jacques Toubon l’un des auteurs du rapport Zelnik qui vient de rendre ses conclusions sur le financement des industries culturelles : il s’agit de voir comment on peut créer une taxe Google à partir d’un prélèvement sur les revenus publicitaires en ligne.
Avec 1 ou 2% prélevés sur 800 millions d’euros estimés en France pour le moteur de recherche, on peut collecter 8 à 16 millions d’euros afin d’aider au financement de la musique, du cinéma et du livre, ce à quoi on peut ajouter à peu près autant en ponctionnant aussi les portails MSN, Yahoo ou e-bay. L’idée est par exemple de créer une carte jeunes, payée à moitié par l’Etat, qui permettrait aux 18-24 ans d’acheter de la musique en ligne. La mesure semble d’autant plus fondée que Google s’arrange pour ne pas payer d’impôts en France en n’y déclarant qu’un vingtième de ses revenus, son siège européen étant en Irlande où les conditions fiscales sont plus avantageuses.
Reste à savoir s’il est légitime de faire financer la création culturelle française par un acteur international vivant des liens sponsorisés ou des bannières sur le Net. Autant une ponction en faveur des médias peut se justifier car la montée en puissance publicitaire des géants de l’Internet se fait à leur détriment. Autant, on ne peut pas dire que Google soit responsable de la chute des recettes de la musique ou du cinéma, ou alors très indirectement, puisque c’est plutôt le téléchargement illégal qui a dissuadé d’acheter des disques ou des films. Les acteurs du web regrettent une façon d’aller chercher l’argent là où il est, sur la toile, sans d’ailleurs se soucier de savoir comment. Car la faisabilité de la taxe n’est pas évidente. Si Google décide de ne pas communiquer ses revenus en France, faudra-t-il, ironise le PDG de Price Minister, Pierre Kiosusko Morizet, envoyer des gens en hélicoptère aux Etats-Unis pour récupérer l’argent ? L’Etat, décidemment, va avoir besoin d’expertise… Et d’un appui européen.
| La chronique d’Amaury de Rochegonde (2'09") | |
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