horaires de diffusion
- dimanche
5h49, 7h19, 15h42, 17h51
Bakchich Info, le papier et le web
Amaury de Rochegonde - 8 novembre 2009
En cessation de paiement, l’hebdomadaire Bakchich Info va être placé en redressement judiciaire. La fin d’un modèle associant le papier au web ?
Bakchich Info va se placer demain en redressement judiciaire pour tenter de sauver l’hebdo satirique qu’il a lancé à la rentrée afin de générer par le papier les revenus qu’il ne parvient pas avoir sur le web. Le web et le papier, le papier et le web… La presse tente depuis des années de se redresser en cultivant ce diptyque. A l’inverse de Bakchich, qui est parti du web pour aller vers le papier, le média écrit a longtemps cru que les recettes générées par Internet lui permettraient, tôt ou tard, de compenser l’érosion de ses revenus tirés du papier.
Or aujourd’hui, les éditeurs de journaux se rendent compte que l’équation est très difficile et certains redoutent que la presse d’information soit demain condamnée à vivre ce que subissent déjà les journaux gratuits de petites annonces : un effondrement brutal de leur modèle économique, en raison de la crise publicitaire qui accélère l’abandon du papier par les annonceurs. D’autant que l’achat d’un journal se fait plus rare. Aux Etats-Unis, le décrochage semble bel et bien avoir commencé pour les quotidiens qui ont connu une baisse de 10% de leur diffusion cette année alors qu’on dénombre 24500 suppressions d’emplois de journalistes de presse écrite sur un an.
En France, les syndicats de journalistes ont adressé jeudi une lettre ouverte au président de la République pour faire état de la situation « extrêmement préoccupante » de leur secteur. Depuis le début de l’année, selon les syndicats, ce sont 2300 journalistes qui viennent grossir les rangs des chômeurs. Faut-il en conclure que le journalisme n’a pas d’avenir ? Il suffit de voir la place de l’information sur les grands portails internet ou dans les consultations sur mobile pour se convaincre du contraire. Non seulement l’info n’est pas moribonde mais elle alimente souvent la toile avec son buzz et sert de point d’appui aux forums qui rassemblent les communautés sur le web. Il reste maintenant à savoir si cette information sera toujours servie par des journalistes professionnels… Ou si les internautes eux-mêmes ne sont pas en mesure de la produire. Quoi qu’il en soit, la presse s’efforce désormais de devenir payante sur le web en se donnant une obligation de qualité qui est sans doute la meilleure façon de défendre un métier.
| La chronique d’Amaury de Rochegonde (1'58") | |
Archives de la chronique Médias, grand angle
- 7 février 2010 - Bolloré, l'empêcheur d'imprimer en ronde
- 31 janvier 2010 - Les talents de la musique ont-ils encore leur place dans les médias ?
- 17 janvier 2010 - Anciens et nouveaux médias s'impliquent à Haïti
- 10 janvier 2010 - Faut-il taxer Google ?
- 3 janvier 2010 - 2010 : année du placement de produit
- 27 décembre 2009 - Retour en arrière sur l'année médiatique 2009
- 20 décembre 2009 - La radio de rattrapage des émissions de sens… et de rire
- 13 décembre 2009 - BFM TV, le petit indépendant face au gros distributeur
- 6 décembre 2009 - Les zones d'ombre de la diffusion 100% numérique
- 29 novembre 2009 - Le Parisien : il vaut mieux l'avoir en journal
- 22 novembre 2009 - La numérisation des industries culturelles
- 15 novembre 2009 - France Télévisions privatise sa régie publicitaire
- 8 novembre 2009 - Bakchich Info, le papier et le web
- 1er novembre 2009 - Google et la création culturelle
- 25 octobre 2009 - Nonce Paolini seul maitre à bord de TF1
ouvrir
France Info





