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Google et la création culturelle
Amaury de Rochegonde - 1 novembre 2009
Le départ du directeur général de Google France et Europe du Sud, Mats Carduner, arrive à un moment clé dans les relations entre le moteur de recherche américain et les créateurs de contenus culturels français.
C’est un départ qui est passé presque inaperçu mais Google France vient de perdre son directeur général, Mats Carduner, un Breton qui a donné sa démission il y a quelques jours. En septembre son poste avait été coiffé par un nouveau patron nommé la tête de Google Europe du Sud et de l’Est, du Moyen Orient et de l’Afrique Carlo d’Asaro Biondo, un franco-italien passé par la présidence d’AOL Europe et de Lagardère active international.
Ce qui explique ce départ, c’est la volonté d’aller vers de nouveaux horizons, comme on dit dans ces cas-là, mais aussi en raison –dit-on – d’une décision de Nikish Arora, le président des activités internationales de Google. Mats Carduner n’étaient plus dans les petits papiers, ou disons plutôt dans les petits clics du groupe et on comprend mieux pourquoi, la semaine dernière, l’homme paraissait tout ignorer de la plate forme musicale dont le lancement a été annoncé jeudi en partenariat avec Myspace et lala.com, le site d’écoute de musique américain. La question est maintenant de savoir comment Google va traiter la France avec son exception culturelle, ses réticences à voir numérisée aux Etats-Unis ses livres et fonds de bibliothèques ou les protestations de ses élites envers un acteur dominant du web qui apparaît beaucoup plus destructeur de contenus que créateur de valeur.
Le 22 octobre, au cours d’un colloque organisé par le cabinet NPA Conseil et où intervenait aussi Mats Carduner, l’essayiste Alain Minc a résumé à sa façon la situation : Pour la première fois, il ne paraît pas possible de couper les ailes d’un acteur économique en situation de monopole qui appellerait une décision anticoncentration comme celle qui a permis de scinder en deux la Standard Oil au siècle dernier. Faut-il aller vers une licence globale ou un prélèvement de type Sacem pour financer les contenus sur lesquels s’enrichit le moteur de recherche ? Avant son départ, Mats Carduner se disait en tout cas très conscient que Google était perçu en France davantage comme une menace que comme une opportunité. Il s’ingéniait à faire progresser l’idée d’un Google apporteur d’audience, de technologies et de revenus aux contenus. Et à contrecarrer celle d’une taxe sur la publicité en ligne destinée à financer la création culturelle. Un lobying, donc, qui reste inachevé en France.
| La chronique d’Amaury de Rochegonde (2'13") | |
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