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Nonce Paolini seul maitre à bord de TF1
Amaury de Rochegonde - 25 octobre 2009
Le PDG du groupe n’était pas président d’un conseil de surveillance et Axel Duroux n’était pas président d’un directoire, comme à RTL, même s’il se voyait déjà à la place de son patron. Erreur fatale.
De quoi le rejet de la greffe d’Axel Duroux par TF1 est-il le signe ? C’est la question que se posent les 3700 salariés du groupe qui ont appris vendredi le départ de leur nouveau directeur général, un mois après son entrée en fonction. Alors au-delà des incompatibilités d’humeur entre le jeune quadra fonceur, parfois brutal et le Corse réfléchi et consensuel, ce départ surprise traduit, de la part de l’actionnaire Martin Bouygues, un arbitrage en faveur de l’actuel patron de TF1 en même temps qu’un échec managérial. Le grand vainqueur, Nonce Paolini, apparaît d’abord conforté alors qu’Axel Duroux était présenté partout comme son successeur désigné. Il voit sa stratégie validée par l’actionnaire notamment dans l’édification d’un groupe multisupports alors qu’Axel Duroux qui avait exprimé ses réserves sur la radio numérique terrestre, où doit être déployée LCI Radio, souhaitait un recentrage sur les programmes pour viser les 30 points d’audience. Surtout, le PDG avait astucieusement joué en sauvant cet été les audiences de TF1 avec Secret Story sans attendre l’arrivée du sauveur Axel Duroux, contraint d’aller au bout de son préavis de trois mois en tant qu’ancien PDG de RTL. Reste que Nonce Paolini, qui ne prévoit pas de remplacer dans l’immédiat Axel Duroux devra faire face à échec managérial dont il est en quelque sorte coresponsable. Certes, cet échec incombe en premier lieu à Martin Bouygues qui n’a pas su, ou pas voulu, délimiter clairement les contours qui revenait au directeur général puisqu’il a fallu attendre une première crise en octobre pour qu’Axel Duroux hérite des programmes et Nonce Paolini de la gestion du groupe. Certes, le numéro un bis, comme on l’appelait, a aussi sa part de responsabilité tant il était pressé d’imprimer sa marque sur TF1 et savait qu’avait 12 millions d’euros obtenus en dommage et intérêt, de son ancien employeur Endemol, il n’avait pas grand-chose à perdre et pouvait imposer sa façon d’être. La méthode n’a plus à Paolini, qui entendait bien par exemple conserver la haute main sur l’information même si Axel Duroux plaisait aux journalistes dont il avait affirmé l’indépendance. Le PDG a maintenant une obligation de résultat s’il veut démontrer qu’il ne peut y avoir qu’un seul sauveur à TF1.
| La chronique d’Amaury de Rochegonde (2'01") | |
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