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Affaire Hortefeux : un média doit-il tout montrer ?
Amaury de Rochegonde - 13 septembre 2009
C’est la question que pose Gilles Leclerc, le président de Public Sénat, après la révélation jeudi par Le Monde.fr de la vidéo montrant Brice Hortefeux tenant des propos douteux à propos d’un jeune militant UMP d’origine arabe.
Nommé en juin par Gérard Larcher, le président du Sénat, cet ancien journaliste politique de France 3 a estimé qu’il n’était pas possible de diffuser de telles images tournée le week end dernier par sa chaîne lors de l’université d’été de l’UMP.
Oh, bien sûr, dit-il, il y eut débat, certains journalistes étaient favorables à leur diffusion d’autres pas. Et puis, il a tranché : le son n’était pas terrible, les images pas très nettes, il fallait les contextualiser voir si le ministre confirmait ses propos et, enfin, il fallait selon lui endosser la responsabilité de cette séquence vis-à-vis, d’une "certaine communauté".
Cette communauté, on se demande quand même si ce n’est pas le gouvernement et sa majorité, sachant que cette rétention d’images gênantes pour l’exécutif est à l’opposé de l’évolution communautaire de l’information.
En effet, ce n’est plus seulement le média qui décide aujourd’hui de ce qui est légitimement regardable mais la communauté des internautes auprès desquels les médias ne sont que des pourvoyeurs d’infos occasionnels. En ce sens, une télévision prend une décision lourde à assumer en ne diffusant pas des images dès lors qu’elles font sens et qu’elles sont susceptibles de se retrouver sur le web.
D’ailleurs, Public Sénat a fini par montrer ses images vendredi, après avoir dans un premier temps donné la version de Brice Hortefeux qui prétend qu’il parlait des Auvergnats. Cette évolution vers un paysage médiatique sans retenue, prompt à balancer sur Internet tout ce qui peut se glaner est-elle problématique ? Oui, sans doute, pour les états-majors politiques. Car dès lors que toute vidéo finit par trouver un canal de diffusion sur le web c’est la communication politique qui en prend un coup. Et en même temps, n’est-ce pas une réplique cinglante à la mise en scène gouvernementale dont certains médias se font parfois les auxiliaires, comme en atteste la co-production de Luc Chatel et d’Intermarché, avant la rentrée des classes, par figurants interposés ?
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