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La fin du journalisme amateur sur le web ?
Amaury de Rochegonde - 30 mars 2008
La condamnation du site fuzz.fr jeudi dernier par le Tribunal de commerce de Paris peut être vue comme une vraie bonne nouvelle pour les médias. Ils ne seront plus tentés d’attirer l’audience sur leur site avec des ragots.
C’est peut-être une très mauvaise nouvelle pour les internautes amateurs de potins mais une très bonne nouvelle pour les médias. Jeudi, fuzz.fr, un site alimenté par les internautes, a été condamné pour atteinte à la vie privée après avoir publié un lien vers un blog sur les célébrités qui évoquait une relation entre l’acteur Olivier Martinez et la chanteuse Kylie Minogue. Le Tribunal de grande instance de Paris a donc tranché : non, ce site ne peut pas s’abriter derrière sa position de simple hébergeur pour s’exonérer de toute responsabilité éditoriale. Oui, il y a bien violation de la vie privée comme il en irait de n’importe quelle publication papier.
Le responsable du site, Eric Dupin, qui est d’ailleurs un blogueur connu, a donc décidé de fermer boutique non sans pointer les risques que fait courir ce type de décision sur l’internet participatif, le fameux web 2.0. « C’est comme si on condamnait le kiosquier du coin parce qu’il expose les unes des magazines people au public » a fait valoir son avocat, maître Gérald Sadde. Mais comme avec le montre la condamnation récente du site note2be, qui proposait de noter les profs, les juges semblent de moins en moins réceptifs aux arguments du participatif. Ils considèrent qu’il n’y a pas d’exception de responsabilité lié à un statut de simple aiguilleur de contenus comme il ne saurait être question d’aller trop loin dans la déballage nominatif sur les profs d’un note2be.
Les vrais gagnants de cette évolution juridique pourraient être les médias eux-mêmes. Car après tout, ne sont-ils pas, eux, de vieux habitués de la responsabilité éditoriale ? Et ne souffrent-ils pas d’une concurrence un peu déloyale des millions de sites ou de blogs qui sont bien sûr moins surveillés, moins attaqués et font de l’audience en propageant rumeurs et commérages. La presse en ligne n’échappe pas tout à fait à la critique. On se souvient du soit disant SMS adressé à Cécilia Sarkozy dont le PDG du Nouvel Obs estime aujourd’hui qu’il n’a jamais existé. Mais c’est peut-être pour attirer sur leur terrain une audience pas très citoyenne que les médias ont dérivé. Souhaitons qu’ils soient désormais moins enclins à confondre leur rôle d’éditeur de référence avec celui d’un distributeur de ragots.
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