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Porte de Clignancourt, conférence de presse improvisée après la mort de Mesrine, dans le film de Jean-François Richet - © PATHE DISTRIBUTION -
La mort de Mesrine,
légitime défense ou exécution ?
France Info - 22 octobre 2008
Près de 30 ans après sa mort, Mesrine fait toujours parler de lui. Dans un film qui sort aujourd’hui, Vincent Cassel incarne l’ex-ennemi public N.1, tombé sous les balles de l’antigang en novembre 1979 à Paris. Les circonstances même de la mort de Mesrine restent encore sujettes à caution…
| Le reportage complet et en direct d’Anne Lamotte. (4'42") | |
La carrière de Mesrine prend fin brutalement le 2 novembre 1979 à 15 heures 15 à Paris. Au volant de sa BMW immatriculée 83 CSG 75, le braqueur et tueur professionnel part en week-end avec sa compagne Sylvia Jeanjacquot. A la hauteur de la Porte de Clignancourt (XVIIIème), un camion les dépasse et une dizaine de véhicules de police banalisés les encercle. La bâche du camion bleu se relève. Quatre flics tirent.
Le feu nourri des hommes de l’antigang ne laisse aucune chance à Mesrine. Tué sur le coup. On relèvera vingt impacts de balles sur le pare-brise de la 528i, et cinq sur le toit. Sylvia Jeanjacquot s’en tire miraculeusement, grièvement blessée.
Point final ? Pas vraiment. Car très vite des questions se posent sur les circonstances de la mort de Mesrine. Plusieurs témoins de la scène sont formels : les tireurs ont ouvert le feu sans avoir fait les sommations d’usage, et sans que Mesrine n’ait eu le temps d’amorcer le moindre geste. Or, le soir même, au cours d’une conférence de presse, le patron de la PJ, le commissaire Maurice Bouvier, explique que ses hommes ont tiré parce que Mesrine a tenté d’ouvrir sa portière.
| Extrait de la conférence de presse du commissaire Bouvier (3'02") | |
Entre mars et mai 2000 - plus de vingt ans après les faits, la plainte des enfants de Mesrine qui dénoncent une "exécution", conduit à l’audition des flics de l’antigang. Or, les quatre tireurs livrent à la juge d’instruction des versions contradictoires. Un seul affirme notamment avoir crié Police !. Un autre évoque "une impatience venant de Matignon, voire de l’Elysée", à régler le cas Mesrine. Même si "aucune instruction d’abattre Mesrine" n’avait été donnée. Pas même une "instruction ambigüe".
Deux jours après les faits, le procureur de la République de Paris monte à son tour au créneau. Avec Mesrine, on était "en état de légitime défense permanente". A l’appui de ce nouveau concept pour justifier les tirs, il diffuse une cassette, un extrait du testament sonore de l’"homme aux cent visages".
| ‘Ce sera à celui qui tirera le premier’, lançait Mesrine au commissaire Broussard (1'51") | |
| Mesrine ne blaguait pas, assure l’ex-flic Lucien Aimé-Blanc (4'13") | |
Si les hommes de l’antigang n’ont pas reçu l’ordre formel d’abattre Mesrine, on leur a en revanche demandé d’"en finir avec Mesrine" . Nuance. Il faut dire qu’en novembre 1979, cela fait déjà 18 mois que l’ennemi public N.1 s’est fait la belle. Dix-huit mois qu’il alterne braquages et interviews dans la presse. La police est ridiculisée. Le 2 novembre, elle n’a pas d’autre choix que d’"en finir".
Pour avoir cédé à la pression, les tireurs sont-ils pour autant sanctionnés ? Dix jours plus tard, les proches de Jacques Mesrine portent plainte pour assassinat, car il s’agit selon eux d’une exécution préméditée.
Le 1er décembre 2005, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris prononce un non-lieu général. Le 6 octobre 2006, la cour de cassation juge irrecevable le pourvoi de la famille Mesrine. L’action de la justice s’éteint définitivement.
| Une ‘mascarade’, dénonce Me Marine Malinbaum, ex-avocate de Mesrine et avocate de ses proches (4'13") | |
Ultime recours des proches de Mesrine, leur avocate a saisi la cour européenne de justice.
Jacques Mesrine a été inhumé au cimetière nord de Clichy-la-Garenne (Seine-Saint-Denis), la ville qui l’a vu naître. La BMW 528i vert métallisé est restée sous scellés pendant 28 ans dans une fourrière de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), avant d’être broyée dans une casse d’Athis-Mons (Essonne).
Page web : Gilles Halais
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