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France Info - La centrale de Brennilis (29) juste avant sa déconstruction © EDF - Mesures radiamétriques effectuées par la Criirad autour de Brennilis - © CRIIRAD

La centrale de Brennilis (29) juste avant sa déconstruction © EDF - Mesures radiamétriques effectuées par la Criirad autour de Brennilis - © CRIIRAD -

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Le démantèlement des centrales nucléaires est mal parti

France Info - 29 octobre 2007

Brennilis dans le Finistère. Le premier démantèlement d’une centrale nucléaire française envoyée "à la casse". EDF comptait bien s’en servir de modèle pour exporter son savoir-faire à l’étranger. Mais des analyses relèvent une contamination anormale de l’environnement…

Le parc nucléaire français vieillit : il reste 58 réacteurs en activité, répartis sur 19 sites, tandis que neuf autres sont à l’arrêt. Pour quatre d’entre eux (Brennilis, Chooz A, Creys-Malville et Bugey 1), les travaux de déconstruction ont commencé. Pour les cinq autres, (St-Laurent A1-A2 et Chinon A1-A2-A3), EDF devra avoir fait place nette pour 2030 (lire notre encadré).

Dans cette perspective, Brennilis (Finistère), mise à l’arrêt en 1985, devait servir de modèle pour les dizaines d’autres à venir, mais aussi pour les marchés à prendre à l’étranger... C’est sans doute pour cette raison que les travaux de démantèlement, initialement prévus 40 à 50 ans après l’arrêt de la centrale, ont été avancés.

Programme du démantèlement Bertrand Dubuis, directeur du site de Brennilis  (2'19")
 

Brennilis, l’exemple à suivre ?

Mauvaise pioche ! Les travaux de déconstruction ont été stoppés en juin sur décision de justice. Ils sont repoussés de deux ans, faute d’une procédure d’information du public en bonne et due forme. Mais ce n’est pas le plus grave.
L’association Sortir du nucléaire et la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) révèlent des taux de contamination anormaux autour de la centrale. Selon Bruno Chareyron, l’ingénieur de la Criirad qui a réalisé les mesures, les taux anormaux concernent notamment le cobalt, le tritium et le Césium 137, pour lequel il a relevé des taux de 3.000 becquerels par kilo : 60 à 300 fois la norme ! Des résultats qui font craindre le pire sur le site même de la centrale.

Contamination importante de l’environnement Bruno Chareyron, ingénieur à la CRIIRAD  (4'26")
 

Deux taches de contamination irréversible Michel Marzin, ancien technicien EDF à Brennilis  (1'57")
 

Et ce n’est pas tout. En mai dernier, une inspection du site avait révélé plusieurs dysfonctionnements, suscitant un rappel à l’ordre de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le compte-rendu fait notamment état de "signes de corrosion" sur 20% des fûts de déchets radioactifs, ainsi que d’erreurs de décomptage et d’une "forte sous-évaluation" de l’activité radiologique de certains déchets.

EDF veut prendre sa part du gâteau

La Criirad et le réseau Sortir du nucléaire réclament la décontamination des zones touchées et surtout qu’Edf s’explique sur l’origine de ces contaminations.
Le démantèlement d’une centrale nucléaire n’est pas une entreprise anodine car, même plusieurs années après l’arrêt total de la fission dans le cœur du réacteur, la radioactivité y est encore de l’ordre de 100 Sievert/heure. Une simple dose de 6 Sievert/heure est mortelle. Et c’est surtout une entreprise qui peut rapporter beaucoup d’argent car, dans le monde entier, la plupart des centrales, mises en service dans les années 70, arrivent en fin de vie. Le marché de la déconstruction est donc énorme. Et EDF espère bien croquer sa part du gâteau.

L’enquête de Sébastien Paour  (4'43")
 

> Enquête et reportage : Sébastien Paour
> Dossier web : Gilles Halais


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