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Pierre BarnériasJournaliste de radio et de télévision, Pierre Barnérias se spécialise depuis 10 ans dans une information porteuse de solutions. |
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Rodrigo Baggio, fondateur du Centre pour la démocratisation informatique (CDI) - ©flair production
Le rêve de Rodrigo, l’informaticien des bidonvilles
Pierre Barnérias - 17 août 2008
A 23 ans, un jeune informaticien du Brésil voit en rêve des enfants pauvres des favelas s’ouvrir au monde grâce à des ordinateurs. 13 ans plus tard, 850 écoles d’informatique voient le jour dans les bidonvilles d’Amérique latine, d’Afrique et du Japon...
A 39 ans, Rodriguo Baggio est à la tête d’une des initiatives les plus remarquables de la planète en matière de lutte contre l’exclusion. Tout commence par un rêve. "Un jour j’ai vu dans un rêve des enfants des favelas qui discutaient entre eux de leur avenir par ordinateur interposé. Ce rêve m’a tellement marqué que j’ai tout fait pour qu’il devienne réalité. "
Très vite le jeune brésilien va alors lancer la première campagne nationale de récupération de matériel informatique. L’idée étant de confectionner un ordinateur grâce à la récupération de trois ordinateurs d’occasion. La campagne est un succès. En 1995, Rodriguo inaugure la première école d’informatique dans une favelas, en association avec une ONG locale. Il en est le premier professeur avec l’idée de former de futurs éducateurs pour démultiplier le modèle. Rodriguo a vu juste. Près d’une centaine de volontaires se propose de créer et d’animer d’autres écoles.
Aucun vol !
Favelas de Rio.
©flair production
Rodriguo fonde le CDI, le Comité pour la Démocratisation Informatique. Signes particuliers, les élèves sont mis à contribution pour payer le salaire des professeurs. La somme reste symbolique, pas plus de 4 euros. Elle peut aussi être remplacée par une heure ou deux de coups de balais hebdomadaires.... Enseigner dans les favelas n’est pas chose facile. 30 kilos de cocaine circulent chaque jour dans ces bidonvilles ou le bruit des armes retenti souvent. Pourtant, aucun vol d’ordinateurs depuis 13 ans. Un vrai miracle dans ces zones de non droit. Et il y a aujourd’hui plus de 850 centres dans toute l’Amérique Latine mais aussi en Afrique et au Japon.
De nombreuses campagnes de sensibilisation sont nées dans les écoles de CDI sur des sujets comme la santé, l’éducation ou l’environnement. Pour Rodrigo « le meilleur moyen d’apprendre un traitement de texte est de réaliser soi-même un journal, et lorsque le sujet est la violence, l’élève s’approprie autant l’outil que le message. »
Sergio Sant'anna, coordinateur du CDI
©flair production
Autres chiffres
Les élèves ont entre 10 et 18 ans. 63 % sont en situation de pauvreté extrême. 87% des élèves de CDI ont connu un changement positif grâce aux cours, que ce soit l’obtention d’un emploi, le retour à l’école ou l’arrêt des drogues. Et il n’est pas rare que d’anciens dealers soient devenus professeurs d’informatique ! Et quand on sait qu’ils sont près de 700 000 à être passés par ces centres, on mesure mieux l’impact de cette initiative visionnaire...
| Ecouter la chronique de Pierre Barnerias (2'03") | |
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