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La politique de l’éducation, son actualité et l’exposition de cas d’école proposés par les questions des professeurs et parents d’élèves.

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Emmanuel Davidenkoff

Spécialiste de l’éducation, Emmanuel Davidenkoff est directeur de la rédaction de l’Etudiant. Il est également auteur de nombreux ouvrages sur la question et anime une émission sur l’éducation musicale sur France Musique.

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Réformes : X. Darcos touché mais pas coulé

Emmanuel Davidenkoff - 17 décembre 2008

Xavier Darcos n’avait strictement aucun intérêt politique à renoncer à ses réformes. C’est pourtant ce qu’il vient de faire avec la suspension de la réforme du lycée. Et cela change complètement la donne pour la suite…

Ecouter la chronique Education du 17 décembre  (1'44")
 

Pour plusieurs raisons.

La première c’est que le gouvernement va devoir changer de logiciel. Quand on observe le destin des réformes dans l’éducation ces dernières années, eh bien on s’aperçoit que la véritable résistance ne vient pas tant du supposé conservatisme des syndicats – qui est systématiquement dénoncé - que du malaise de la jeunesse.

Nous avons aussi en France ce que les Grecs appellent la « génération 600 euros », c’est-à-dire des jeunes bien formés mais sous employés.

Et ça ne date pas d’aujourd’hui ni même de la lutte victorieuse contre le CPE en 2006, cela remonte aux manifestations – également victorieuses – contre le « Smic Jeunes » en 1994 – il s’agissait d’une réforme du gouvernement Balladur qui aurait abouti à payer les bacs+2 en-dessous du Smic.

Les craintes de la jeunesse s’expriment aussi sur des projets qui ne touchent pas directement à l’emploi…

Ce fut le cas des mouvements contre l’augmentation du contrôle continu au bac voulue par François Fillon en 2005, mais aussi de l’agitation sur les campus pour s’opposer à l’autonomie des universités sous le ministère de Luc Ferry. Dans tous ces cas, les gouvernements ont reculé face à la jeunesse. Et c’est bien ce qui vient de se reproduire, de manière quasi certaine à l’initiative de l’Elysée. Xavier Darcos n’est pas une girouette : il ne brocarde pas les manifestants sur le mode « je ne suis pas le ministre de l’hésitation nationale » le jeudi pour suspendre sa réforme trois jours plus tard.

D’autant que les arguments qu’il avance sont un « copier-coller » des revendications de ses opposants…

« Donner du temps au temps » a dit Xavier Darcos pour se justifier. C’est effectivement à l’opposé de la stratégie qu’il déploie depuis dix-huit mois : interview après interview, le ministre de l’Education martèle, théorise presque, le fait que l’école ne peut être réformée qu’à la condition d’aller vite, que les consultations qui n’en finissent pas sont annonciatrices d’échecs et de renoncement. C’est une conviction profonde chez lui. Cette fois, ça n’a pas marché : « J’ai demandé à Xavier Darcos d’approfondir sa concertation » a indiqué Nicolas Sarkozy.

Ce recul en annonce-t-il d’autres, en matière d’éducation ?

Paradoxalement ce n’est pas certain, même si évidemment cette première victoire va donner des ailes aux syndicats. Car c’est bien un recul lié à un risque de mobilisation de la jeunesse, avec ces dernières années radicalisation des mouvements – ils sont plus violents, le tout dans un contexte de crise économique dont le gouvernement craint qu’elle se transforme en crise sociale. Ce n’est donc pas un recul sur le fond du dossier, encore moins un recul qui serait lié à un rapport de forces gagnant des syndicats enseignants.


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