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La politique de l’éducation, son actualité et l’exposition de cas d’école proposés par les questions des professeurs et parents d’élèves.

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Emmanuel Davidenkoff

Spécialiste de l’éducation, Emmanuel Davidenkoff est directeur de la rédaction de l’Etudiant. Il est également auteur de nombreux ouvrages sur la question et anime une émission sur l’éducation musicale sur France Musique.

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Suppressions de postes : les effets concrets

Emmanuel Davidenkoff - 23 janvier 2008

Les personnels d’éducation sont appelés à faire grève demain, avec l’ensemble de la fonction publique. Au cœur des revendications, la question des moyens.

Ecouter la chronique "éducation" du 23 janvier 2008  (1'59")
 

L’Education nationale supprime des postes depuis quatre ans, et elle va continuer. Réponse de Xavier Darcos, le ministre : quelques milliers de postes sur 1.2 millions de personnels, cela ne déstabilise pas le système, ça permet au contraire de l’optimiser. Vrai ou faux ? Vrai et faux. Tout dépend en fait du motif des suppressions. Quand il y a effectivement moins d’élèves dans un établissement –et ce sera le cas dans un certain nombre de lycées l’an prochain – il est logique d’adapter les moyens. Par ailleurs, il est impossible (et impensable) qu’un établissement ne reçoive pas les moyens nécessaires pour pouvoir couvrir les besoins liés aux programmes. Mais les suppressions pourraient aller au-delà et rogner les marges de manœuvre dont disposent notamment les collèges et les lycées.

Comment sont-elles utilisées, ces marges de manœuvres ? Prioritairement pour améliorer les conditions d’enseignement. Deux exemples emblématiques. D’abord celui des langues vivantes. On le sait, l’oral est extrêmement important or on ne le pratique pas assez… On a fait le calcul avec un professeur de collège : en imaginant que le professeur ne parle que 15 minutes par heure de cours et que le reste soit dédié à l’expression des élèves, chacun pratiquera la langue 2h30 au total au cours de l’année scolaire.

Une solution possible est de diminuer le nombre d’élèves…. c’est ce qu’on fait avec les dédoublements. Plus un établissement a de la marge, plus il peut dédoubler. Autre exemple, que plusieurs chefs d’établissements nous ont cité : les élèves qui viennent de l’enseignement professionnel et passent dans le technologique, que ce soit au lycée ou en BTS (je rappelle que les BTS sont dans les lycées). Dans certaines disciplines, ces élèves ont des fragilités. Les marges de manœuvre permettent de les prendre en charge.

On va donc rogner sur des dispositifs qui permettent d’adapter l’enseignement aux élèves, de prendre en compte la diversité. Et c’est le paradoxe du moment : le discours officiel plaide pour plus d’individualisation de l’enseignement. Ça ne rime pas forcément avec augmentation des moyens ; on peut aussi les répartir différemment ; mais on en revient au minimum à la notion de marge de manœuvre, de souplesse. Et cela peut avoir un effet assez direct y compris sur le moral des professeurs : c’est ce qui permet à l’institution de réagir quand un problème inattendu survient, de ne pas dire « On y peut rien, on n’a pas les moyens ». Cela diffuse aussi une sensation très délétère d’impuissance, de ne pas être soutenu, de ne pas être respecté… Toutes choses que l’on trouve en ce moment dans le discours des enseignants et qui, en plus des motivations politiques et / ou matérielles, devrait nourrir la contestation et la grève de demain.


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