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Moteur diesel 1.5 dCi : sérieux problèmes sur les Scénic 2
Jean-Rémy Macchia - 9 mars 2010
Le moteur diesel 1.5 dCi, c’est un des plus répandus de la gamme Renault. En tout cas le plus vendu en France. Et, manque de chance, sur les Scénic et Grand Scénic « 2 », c’est-à-dire d’ancienne génération, ce moteur se montre très fragile.
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Ce moteur 1.5 dCi se montre très fragile, en effet. Avec une faiblesse qui n’est plus jamais constatée sur les voitures modernes : une usure des coussinets de bielles.
Les « coussinets de bielle », ce sont des pièces mobiles dans le bas du moteur, qui sont soumises à des frottements constants, et qui, pour ne pas s’user, doivent être lubrifiées en continu et sans faille par l’huile moteur.
Si la lubrification est déficiente, ou si ces coussinets sont eux-mêmes trop fragiles et viennent à s’user, en fait, c’est globalement le moteur qui est hors service.
Et c’est ce qui arrive sur les Scénic et Grand Scénic de précédente génération ?
Exactement. Alors, ça n’atteint que les Scénic et Grand Scénic de 2004 et début 2005. Et aucun des autres modèles Renault qui sont équipés de ce moteur – et ils sont pourtant très nombreux.
Sue seuls ces monospaces soient victimes de cette panne peut se comprendre. Ce n’est pas le moteur en lui-même qui est victime d’une faiblesse chronique. Mais, dans l’adaptation qui a été faite sur les Scénic, dans son implantation sur ces modèles, un facteur n’a pas été bien géré par les ingénieurs, qui a provoqué cette vulnérabilité – et uniquement sur ces modèles.
Panne assez grave, donc ?
Oui. Il s’agit de la destruction du moteur. Pas de réparation possible.
Le plus souvent, ça survient à partir de 70 000 km, donc sur des voitures qui sont largement sortis de la garantie contractuelle.
Et, comme il faut remplacer le moteur, les devis vont de 7 500 à 9 500 €.
Et quelle est la réaction de Renault ?
Très mauvaise.
D’abord, dans le réseau Renault, lorsque vous arrivez avec votre Scénic 1.5 dCi remorqué pour ce problème, on vous affirme très souvent
que vous n’avez pas fait l’entretien qui convient,
que vous n’avez pas regardé le niveau d’huile,
que vous avez dû rouler avec le voyant d’alerte allumé.
Et ce n’est pas exact ?
Non. La destruction du moteur, dans ce cas précis, elle intervient sans signe avant-coureur – sans voyant qui s’allume. Et, surtout, elle n’est absolument pas due à une négligence d’usage ni d’entretien de la part de l’automobiliste.
Et il n’y a aucun recours ?
Quand les clients contactent le constructeur, la réponse du service après-vente pour une prise en charge partielle est – d’emblée – négative.
Ca a été par exemple le cas pour Jean-Yves, dans le Morbihan, qui s’est vu refuser toute prise en charge. Il avait acheté son Scénic 1.5 dCi d’occasion, avec une garantie « OR ». La garantie occasion était terminée depuis 4 mois. Mais Renault se montrait inflexible.
Il a fallu qu’il se batte pendant 5 mois avec – finalement – un expert qui rende des conclusions très claires, pour que Renault accepte une prise en charge, à hauteur de 70%.
Renault, spontanément, ne propose pas de prise en charge ?
Non. Ou très rarement.
C’est la langue de bois la plus absolue.
J’ai moi-même demandé à Renault un éclairage sur l’origine de cette faiblesse pourtant bien identifiée.
Car, encore une fois, il ne s’agit pas de cas isolé, mais d’une épidémie, tout à fait bien cernée, sur ces Scénic ou Grand Scénic à partir de début 2004 et jusqu’au printemps 2005, uniquement avec le moteur 1.5 dCi. Vous voyez, c’est on ne peut plus ciblé.
Il suffit de voir les dizaines et dizaines de cas que recensent les sites sur Internet.
Le discours de Renault est ahurissant : négation totale d’une quelconque faiblesse de fabrication.
Rien, strictement rien, sur cette avarie qui est pourtant archi-connue. Et surtout, ce refus total de reconnaître une anomalie de fabrication.
Au final, que conseiller aux automobilistes victimes de cette casse moteur ?
Forcément d’en passer par une expertise.
Et sans tarder, même. Vu que Renault n’a pas l’air du tout prêt à admettre la moindre part de responsabilité.
D’ailleurs, dans les explications que j’ai reçues, Renault parle d’hypothétiques « mesures commerciales », qui seraient décidées au cas pas cas, suivant les clients. Alors qu’il s’agit ni plus ni moins d’un vice caché, pour lequel le fabricant est tenu, légalement, à une garantie étendue.
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