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J.O. Politique Le regard du spécialiste sur les ressorts et les effets géopolitiques et diplomatiques des Jeux olympiques de Pékin |
Pascal BonifaceIl est directeur de l’IRIS, l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques |
horaires de diffusion
- du 14 juillet au 8 août 2008, du lundi au vendredi
13h12, 14h42, 16h12, 17h42, 20h42 et 23h42
3 - Le mythe de l’Apolitisme des J.O.
Pascal Boniface - 16 juillet 2008
Si l’exigence d’apolitisme est totale pour les athlètes, elle reste molle pour les Etats...
| Ecouter la chronique de Pascal Boniface (1'59") | |
La Charte olympique est claire. Elle proscrit toute expression politique dans l’enceinte olympique : « Aucun type de manifestation de propagande, politique, religieuse ou raciale n’est permis au stade olympique, aux terrains ou aux autres lieux olympiques ».
Mais cette interdiction formelle pèse sur les athlètes pris individuellement et n’a pas la même signification pour les Etats. Car les Jeux sont par définition totalement politiques. L’exigence de l’apolitisme est donc totale pour les athlètes, molle pour les Etats. Si les athlètes sont des ambassadeurs, ils sont tenus au devoir de réserve, les Etats restent eux libres de déterminer leur propre ligne politique.
En érigeant les J.O. en symbole de paix, ses promoteurs avaient déjà un agenda ultra-politique puisqu’il s’agissait, ni plus ni moins, de contribuer à changer la face du monde. Après la Première Guerre mondiale, le sport qui prend une place croissante va devenir un instrument diplomatique au service des Etats. Dans la plupart des pays, c’est le ministre des Affaires étrangères qui est en charge de la politique sportive. On peut faire mieux comme marque d’apolitisme.
L’autorisation de participer aux J.O. et donc d’être admis dans la grande famille universelle du sport est significative des rapports de forces politiques. Après la Première Guerre mondiale, l’Autriche, l’Allemagne, la Hongrie, la Turquie et la Bulgarie furent exclues des Jeux de 1920 à Anvers. Malheur aux vaincus ! Ce sont les vainqueurs qui font la loi olympique. L’Allemagne, que l’on voulait toujours punir et dont la France (influente à l’époque au CIO) voulait maintenir l’isolement ne sera pas non plus admise à participer aux Jeux de 1924 qui, de surcroît, se déroulèrent à Paris. Personne ne veut donner l’occasion à des athlètes allemands de célébrer leur victoire à Paris ! C’est pour montrer que la punition de l’Allemagne était terminée qu’on lui attribua les Jeux en 1931, sans savoir que c’est Hitler qui les accueillera en 1936. L’Allemagne et le Japon seront de nouveau exclus des Jeux après la Seconde Guerre mondiale. De la même façon, le Japon recevra les Jeux en 1964, signe de sa pleine réintégration dans la communauté internationale et du soutien que lui apportent les Occidentaux. Dans les années 60, c’est l’Afrique du Sud qui sera exclu pour la punir du maintien du régime de l’Apartheid.
En 1999, l’Afghanistan sera suspendu pour sanctionner l’interdiction faite aux femmes par le régime des Talibans de participer à des activités sportives.
Si l’admission ou l’exclusion d’un comité national olympique sont étroitement liées à des paramètres politiques, c’est encore plus le cas pour l’attribution des Jeux. Et le monde occidental est largement dominant au CIO. Si l’URSS avait obtenu l’organisation des Jeux de 1980, c’est parce qu’en 1973, date de la décision, on nageait en pleine détente. Moscou et Washington signaient à tour de bras des accords de maîtrise des armements et géraient conjointement les conflits du Tiers monde. En période de confrontation avec les Etats-Unis, la Chine n’aurait jamais pu obtenir l’attribution des Jeux, comme ce fut le cas en 2001. Le facteur géopolitique joue pour désigner le pays organisateur. Ils sont subtils, jamais affichés, mais puissants.
Archives de la chronique J.O. Politique
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- 5 août 2008 - 17-J.O de Pékin 2008
- 4 août 2008 - 16 - Les JO et le patriotisme
- 1er août 2008 - 15 - La chute des empires
- 31 juillet 2008 - 14 - Les J.O. et l’Apartheid
- 30 juillet 2008 - 13 - J.O. et démocratie
- 29 juillet 2008 - 12 - Les jeux de Moscou
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- 23 juillet 2008 - 8- Les J.O. et la décolonisation
- 22 juillet 2008 - 7 - La rivalité Est/Ouest
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