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La propagation du virus H1N1
Jean-François Lemoine - 25 août 2009
La grippe H1N1 commence à faire peur… à tout le monde. Au début elle ne semblait grave que pour les personnes en mauvais état général. L’égoïsme naturel de nos compatriotes bien portants, était donc, certes de compatir, mais d’être plutôt rassuré. Pourtant les premiers décès, chez des gens en bonne santé en Nouvelle Calédonie, rendent la perspective de cette épidémie beaucoup moins rassurante.
D’autant qu’il semblerait que les gens jeunes (de 5 à 50 ans) sont plus sensibles, ce qui n’est pas le cas de la grippe saisonnière. Il y a en a deux fois plus que dans une grippe habituelle. Mais cela concerne aussi les femmes enceintes.
La réponse nous vient du Mexique où la pandémie est née. Il y a eu dans ce pays de mars à Avril de nombreux décès dont 100 ont été autopsiés très sérieusement. 87 concernait ces gens jeunes. Tous sont morts en réanimation, d’une défaillance de leurs poumons. En fait il s’agit d’une vraie noyade.
Le virus adore se développer d’abord dans les poumons – n’oubliez pas qu’on les respire. Au contact du fond de nos poumons, à l’endroit ou l’air pénètre dans le sang, chez les jeunes dont les défenses sont très puissantes, il y a une réaction disproportionnée. Toutes les troupes se concentrent à cet endroit. Or un des moyens de défense est en quelque sorte de « noyer » le virus, en sécrétant du liquide.
Malheureusement tout cela se fait en ordre dispersé et la réponse va au delà des espoirs. Certes le virus est éliminé, mais dans le même temps l’air ne passe plus et c’est l’asphyxie devant laquelle compte tenu de la localisation et de l’étendue des dégâts, nos machines de réanimation sont impuissantes si l’arrivée du malade est trop tardive.
Pour les femmes enceintes, c’est l’inverse. C’est parce qu’une femme enceinte à ses défenses diminuées pour se mettre au service de la protection de son enfant que le virus trouve un terrain propice à son développement.
Il faudra tenir compte de ces constatations pour établir l’ordre des vaccinations. Et puis ne pas oublier que c’est la négligence qui est souvent à l’origine des catastrophes. Tous ces malades auraient probablement été sauvés s’ils avaient eu un traitement dès les premiers symptômes.
| Ecoutez la chronique de Jean-François Lemoine (1'55") | |
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