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AVC : avancée majeure et problèmes d’intendance...
Jean-François Lemoine - 23 août 2009
Retour sur le travail remarquable du Professeur Pierre Amarenco, de l’hôpital Bichat à Paris. Ce neurologue Français de réputation mondial a présenté cette semaine des résultats étonnants, affirmant, preuves à l’appui, que grâce à sa technique, 93% des accidents vasculaires cérébraux – en abrégé les AVC - pourraient guérir. Une avancée majeure de la médecine, qui appelle quelques commentaires.
L’AVC c’est 10 millions d’accidents par an dans le monde, 150.000 en France, dont 20% de moins de 50 ans. Passé les décès dans les jours qui suivent cet accident, c’est aussi la première cause de handicap grave dans notre pays. Parler de guérison sans séquelles est donc une nouvelle immense…. Mais le professeur Amarenco ajoute : ces résultats sont obtenus si et uniquement si, sa technique est appliquée, moins de 3h30 après qu’une artère se soit bouchée dans le cerveau. Chaque demi-heure ce sont 20% de guérisons en moins.
Ce qui impose plusieurs contraintes ; Aujourd’hui seuls 2% des AVC arrivent à temps. Il faut donc en moins de 1 à 2 heures rejoindre un hôpital qui, dans l’heure qui suit doit :
1, faire le diagnostic, c’est à dire un scanner rapide
2, être capable, s’il se confirme qu’il s’agit bien d’une artère bouchée, d’injecter le plus rapidement dans une veine un produit « débouche artère » qui dans 40% va atteindre son but puis, ce qui demande entre 20 minutes et une heure, grâce à un minuscule tuyau introduit dans une artère, remonter sous contrôle radio jusqu’au contact de l’obstruction au niveau du cerveau pour injecter ce « destop » anti caillot sur l’obstacle.-
Alors on peut effectivement, si cette procédure est appliquée, parler de 93% de guérison, ce qui est plus qu’un doublement des résultats habituels. Donc, je le répète, une vraie avancée dont notre médecine nationale peut-être fière. Cerise sur le gâteau, le professeur Amaranco ne donne pas de limite d’âge ce qui dans ce domaine est nouveau.-Reste les problème d’intendance… Eh oui ! gagner du temps nécessite un accueil direct du malade dans des unités neuro-vasculaires hyper-spécialisées sans passer par la case, urgences débordées. De telles unités sont déjà la règle pour les infarctus du myocarde… Il va falloir en ouvrir le plus rapidement possible quelques dizaines de plus, pour donner à cette technique brillante, l’application qu’elle mérite.
On parlera alors de milliers d’années de vie regagnées chaque année, ce qui n’est pas une mince affaire.
| Les explications de Jean-François Lemoine (1'59") | |
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