Jocelyne Attal - Photo DR
Chef marketing dans l’informatique à New York
Emmanuel Langlois - 17 janvier 2009
Elle a l’assurance de ceux qui ne sont pas là par hasard. Jocelyne Attal, « Chief marketing officer » chez Avaya , aux Etats-Unis, dans le New Jersey.
« C’est l’une des plus anciennes compagnies de téléphone au monde, ATT Lucent, qui s’est réinventée il y a 7 ans, en misant sur la technologie de la téléphonie sur IP pour les entreprises ». Elle devance aujourd’hui Cisco et Alcatel en Europe. Jocelyne Attal, n°2 de la société, est l’une des rares Françaises membres du comité de direction d’une compagnie américaine. C’est sa fierté, comme son loft de Manhattan, signe extérieur d’une réussite assumée.
Avec 350 employés autour d’elle, Jocelyne est chargée de toute la stratégie d’Avaya : apporter à sa société une bonne connaissance du marché, et traduire la technologie en bénéfice et en avantage concurrentiel pour ses clients. « En tant que Française, explique Jocelyne, dont l’énergie vous irradie, j’ai apporté une créativité, une ouverture sur les marchés internationaux, et une vision non américaine, où le conflit et la discussion sont parfois porteurs d’idées. »
Jocelyne Attal ne fait pas mystère de ses origines : née au Maroc, d’un père industriel et d’une mère « qui venait du désert algérien », histoire de vous faire toucher du doigt le chemin parcouru. A 17 ans, elle débarque, seule à Paris, et se lance dans des études d’ingénieur à Jussieu. « Les nouvelles technologies m’intéressaient, se souvient-elle, j’entrevoyais déjà ce que cela allait représenter comme innovation pour l’entreprise. » Elle poursuit par un MBA à l’Institut supérieur de gestion, pour se perfectionner dans les affaires. Avant même sa sortie de l’école, elle est embauchée par IBM comme ingénieure commerciale. « A l’époque, ils prenaient des jeunes et leur offraient un an de formation. On était payés pour apprendre, aujourd’hui, c’est l’inverse ! » L’expérience dure 10 ans, « j’ai appris ce qu’était un client, à me comporter socialement dans une entreprise, à être un leader. »
En 1990, avec un ami, elle créée sa société de services informatiques : « là, j’ai découvert la trésorerie, la gestion d’une entreprise, la responsabilité de faire rentrer de l’argent et de payer ses employés à la fin du mois ». Jocelyne gagne bien sa vie mais, au bout de 3 ans, ne se retrouve plus dans le projet : « ce que j’aimais, c’était gérer les équipes, j’avais du mal à ne voir l’avenir qu’en terme d’embauches et de rapprochement avec d’autres sociétés pour grossir ». C’est le retour aux Etats-Unis, et chez IBM, qui lui offre un poste de directrice du marketing du logiciel WebSphere. « En moins de 3 ans, on est passé de 7 à 40% de parts de marché, dit crânement Jocelyne Attal. » Jusqu’à ce qu’Avaya lui fasse signe. « C’était l’occasion de faire partie d’une aventure technologique extraordinaire, d’un changement de civilisation où le travail n’est plus votre bureau, mais ce que vous faites des données et comment vous prenez les décisions. »
Jocelyne Attal, la quarantaine, l’enthousiasme chevillé au corps, participe aussi à un programme créé par le département d’Etat américain, où elle joue les ambassadrices. « Pendant 3 semaines, on reçoit des femmes influentes issues de pays émergents plutôt hostiles aux Etats-Unis. Elles partagent la vie de l’entreprise, raconte Jocelyne. J’ai reçu deux Sud-africaines et une Egyptienne, et à chaque fois elles sont reparties avec une bien meilleure image des Etats-Unis. » Jocelyne Attal voit cet engagement comme un retour d’ascenseur, « je viens moi-même d’un pays en développement, j’ai été accueillie ici, j’avais envie de rendre ce qu’on m’a donné. »
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Sa société, Avaya (en anglais)
Le programme Fortune/U.S. State Department International Women Leaders Mentoring Partnership (en anglais)
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