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La vie des planètes et la découverte du cosmos en dialogue avec Marie-Odile Monchicourt

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Serge Brunier

Reporter-photographe et écrivain d’ouvrages scientifiques, il est spécialisé dans l’astronomie et la conquête spatiale

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France Info - Le sol de Mars vu par Phoenix

Le sol de Mars vu par Phoenix - NASA

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Coup d’arrêt de l’exploration de Mars

Serge Brunier - 28 mars 2009

Après le report de l’européenne Exomars, la Nasa confirme à son tour le report de sa propre mission de recherche de la vie sur Mars.

C’est un coup de frein brutal de l’exploration de Mars. A quelques semaines d’intervalle, l’agence spatiale européenne (ESA) et l’agence spatiale américaine (Nasa) ont annoncé le report de deux de leurs plus importantes missions spatiales : Exomars et Mars Science Laboratory (MSL).

Au-delà des explications officielles – facture plus importante que prévu, difficultés techniques mineures, etc – il est frappant de constater qu’après une véritable "invasion" martienne, menée en deux temps (années 60 et 70 puis ces dix dernières années) l’exploration martienne in situ marque un coup d’arrêt brutal : Exomars, prévue à l’origine pour décoller en 2011, ne quittera pas la Terre avant 2016 ; MSL, prévue pour 2009, attendra 2011.

Cet arrêt brutal, après les succès des missions précédentes, comme Mars Express, Mars Reconnaissance Orbiter, Spirit et Opportunity, laisse perplexe, d’autant que l’objectif des nouvelles sondes Exomars et MSL était, explicitement, la recherche d’indices de formes de vie, passée ou présente, sur Mars !

La quête de la vie extraterrestre, alpha et omega de la recherche spatiale, stoppée brutalement pour une petit dérive budgétaire ? Certains planétologues et analystes voient plutôt dans ses reports successifs un malaise des ingénieurs et scientifiques : d’abord, les ingénieurs ont eu de véritables suées froides en découvrant, jour après jour, les déboires techniques, totalement imprévus, de la toute dernière sonde Phoenix, incapable, des semaines durant, d’analyser la glace du sous-sol martien – sa mission principale !

Les planétologues, de leur côté, ne cachent pas leur malaise devant deux missions, l’une américaine, l’autre européenne, quasiment identiques… La première arrivée sur place, à l’évidence, raflera la mise scientifique, laissant la seconde confirmer ses découvertes. Plus généralement, certains scientifiques commencent à se demander s’il est raisonnable d’envoyer une énième sonde sur Mars pour confirmer ce que la précédente sonde a trouvé, que l’on peut résumer par "aucune indice de forme de vie martienne n’a été découvert, mais aucun indice d’absence de vie martienne n’a été découvert non plus", alors que tout reste à découvrir sur l’évolution géologique de la petite sœur de la Terre.

La vie martienne, en effet, depuis quatre cents ans que l’homme la rêve, l’imagine, l’espère, a révélé une, et une seule, caractéristique : son extraordinaire capacité d’adaptation. En effet, elle se situe, toujours, juste en dessous des capacités de détection permise par la technologie qui cherche à la découvrir ! Il y a cent ans, les astronomes pensaient voir sur Mars les preuves de l’existence d’une civilisation. Puis, la puissance des télescopes augmentant, la civilisation a disparu, au profit d’un Jardin d’Eden peuplé de formes animalières et végétales. Puis, les capacités d’analyse progressant, les eaux et forêts ont fait place aux lichens, puis aux bactéries…

Aujourd’hui, la preuve étant faite au-delà de tout doute raisonnable que la surface de Mars est stérile, létale, même, les exobiologistes cherchent les bactéries dans le sous-sol de la planète rouge. Le report d’Exomars et de MSL, finalement, après quatre siècles de rêve, peut, peut-être, s’analyser comme un "acte manqué", les scientifiques craignant inconsciemment que les performances techniques de leur sonde brisent le rêve et les confrontent à la réalité : il n’y a pas de vie sur Mars.

Ecouter la chronique de Serge Brunier,  avec Marie-Odile Monchicourt.  (2'19")
 


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