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La nébuleuse de la Tarentule, vue depuis Concordia - © Erick Bondoux
La longue nuit de Concordia
Serge Brunier - 2 août 2008
La base scientifique franco-italienne de Concordia, en Antarctique, accueille des astronomes durant l’hiver austral. Ici, dans une atmosphère d’une exceptionnelle pureté, la nuit dure trois mois d’affilée ; Concordia promet de devenir dans l’avenir un haut lieu de l’astronomie mondiale.
Tandis que les européens profitent des vacances les pieds dans l’eau et des douces nuits d’été bercées par le champ des grillons, à l’autre bout de la planète, au Pôle sud, des scientifiques sont plongés dans la nuit polaire. En effet, c’est l’hiver, actuellement, en Antarctique et le personnel des bases scientifiques, comme la station franco-italienne Concordia, ne contemple pas le Soleil durant près de six mois... Le Français Erick Bondoux, en mission au bout du monde pour observer le ciel, d’une transparence unique, de l’Antarctique, raconte dans son blog les conditions de vie dans la base de Concordia. L’Antarctique se mérite, comme la planète Mars… ou presque. Située à 3200 m d’altitude, la base connaît des températures hivernales de -40 °C à -80 °C. Totalement isolée, située à 1200 km de la grande base côtière de Dumont-Durville, elle est inaccessible en hiver, et ses treize hivernants vivent en autarcie complète neuf mois durant. L’équipe compte deux médecins-chirurgiens, des techniciens, des ingénieurs et sept scientifiques qui étudient la glaciologie, le géomagnétisme, la physique de l’atmosphère, la sismologie, la biologie humaine, la psychologie et l’astronomie. Pour les astronomes, comme l’équipe franco-italienne de Lucia Sabbatini, Zalpha Chalitta et Erick Bondoux, Concordia est un paradis astronomique. La nuit polaire dure trois mois d’affilée, et les conditions atmosphériques sont exceptionnelles : un ciel clair plus de 90 % du temps, une humidité très faible, un air particulièrement calme ; le plateau Antarctique est sans doute le belvédère ultime sur Terre pour observer les étoiles. Les conditions d’observation sont en effet quasi « spatiales ». C’est, surtout, la nuit complète de trois mois qui intéresse les chercheurs : avec ses collaborateurs, Erick Bondoux teste à Concordia de petits télescopes de 25 cm à 40 cm, destinés à surveiller continûment les étoiles, afin de découvrir des phénomènes transitoires, comme des éruptions, des explosions à leur surface ; destinés, aussi, à découvrir des exoplanètes. Cette étude du ciel de l’Antarctique a pour but de caractériser le site, comprendre ses spécificités, trouver quelles recherches méritent d’être entreprises ici et quelles contraintes particulières opposent l’isolement, le froid extrême et la glace. A terme, de grands projets de recherche seront menés à Concordia, particulièrement dans le domaine de la cosmologie et de l’étude des exoplanètes.
| Ecouter les explications de Serge Brunier avec Marie-Odile Monchicourt (2'19") | |
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