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Le procès de l’accident du Concorde
Frédéric Beniada - 31 janvier 2010
C’est une affaire Kafkaïenne que va juger à partir de mardi, le tribunal correctionnel de Pontoise. Et l’on peut ouvertement s’interroger sur l’intérêt de ce procès qui, pendant trois mois, verra s’affronter experts et contre experts, cinq prévenus, des témoins, et quelques ténors du barreau, spécialistes des effets de manche.
| La chronique de Frédéric Beniada (2'09") | |
A coup sur, les débats seront longs, techniques, incompréhensibles par le commun des mortels, pour au final, sans doute aboutir, à des peines de principe avec sursis, qui n’amélioreront, en rien, la sécurité du transport aérien.
Sur les causes probables de cet accident, tout a déjà été dit par le BEA dont le rapport d’enquête a été bouclé, il y a près de 7 ans. Quant aux familles des victimes, elles ont été indemnisées par Air France et ne souhaitaient pas, pour la plupart d’entre elles, rouvrir des plaies à peine cicatrisées.
Rappelons tout de même brièvement les faits. Au décollage de Roissy, après avoir probablement roulé sur une lamelle métallique perdue par un DC10 de Continental Airlines, un pneu du supersonique avait éclaté, touchant, l’un des réservoirs qui par un effet d’onde de choc s’était fendu, laissant échapper une importante quantité de kérosène.
La suite est un enchaînement malheureux, beaucoup plus complexe. Sans pour autant prôner, l’impunité, il serait vain d’essayer de chercher, à établir une responsabilité précise et de montrer du doigt quelques coupables.
Pourtant, à la barre, il n’y aura que cinq prévenus, deux responsables, à l’époque, de la maintenance de Continental Airlines, un ancien directeur du programme Concorde à l’Aérospatiale, âgé aujourd’hui, de 79 ans, et un ex directeur du service technique de l’aviation civile, lui aussi retraité. Il était aux affaires dans les années 80 lors d’un incident à Washington, considéré à tort ou à raison, comme précurseur du drame de Gonesse.
Mais s’il faut trouver, des coupables, on pourrait aussi s’étonner, de l’absence sur le banc des prévenus, de responsables d’Air France ou d’Aéroports de Paris, qui en cherchant bien auraient, peut-être, aussi, leur part de responsabilité.
Ce procès, c’est celui d’un avion mythique, aujourd’hui au musée, qui a volé pour la première fois, le 2 mars 1969. En 40 ans, les exigences en matière de sécurité et de certification ont évolué et n’ont plus rien à voir. Ce procès soulève aussi la question de la judiciarisation aujourd’hui quasi-systématique des accidents ou incidents aériens.
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