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L’accident de l’Airbus A330 : le mystère reste entier
Frédéric Beniada - 7 juin 2009
"Nous ne savons rien !". L’opinion publique, les journalistes de la presse généraliste sont-ils prêts à entendre ce simple commentaire en guise d’explication de l’accident de l’A330 d’Air France au large du Brésil.
Il est clair que non. La pression médiatique et politique est forte et pas toujours très raisonnable. Mais il faut occuper le terrain, la nature ayant horreur du vide. Les rumeurs vont bon train, l’imagination de certains experts improvisés est débordante, les interprétations de bribes d’informations glanées ici et là parfois délirantes. Quant au discours politique, en d’autres circonstances, il pourrait faire sourire. C’est ainsi à chaque catastrophe aérienne. Souvenez vous Charm El Cheick, ou Carribean Airways en 2005. Emotionnellement parlant, ces attentes sont légitimes, mais pas rationnellement. Seulement trois jours après l’accident, Paul Louis Arslanian, le directeur du Bureau Enquête Analyse, a donc tenté de calmer les esprits d’une horde de journalistes persuadés pour la plupart qu’en arrivant au Bourget, ils auraient dans les journaux télévisés de la mi -journée, toutes les explications à cette tragédie. Il va falloir être patient. “Ce sera long, très long” a reconnu le directeur du BEA, tout en prévenant très humblement qu’il ne savait sur quoi les enquêteurs de son équipe allaient tomber. Car aujourd’hui, ils ne disposent que de très rares éléments pour reconstituer un puzzle d’une grande complexité. L’épave de l’avion git, sans doute par plusieurs centaines de mètres de fond, en plein milieu de l’Atlantique. Et la probabilité de récupérer les deux boites noires est très mince. Les seuls éléments dont disposent, les enquêteurs, ce sont messages automatiques de panne envoyés par l’A330 à la maintenance d’Air France. Et l’on s’interroge, sur ce qui pourrait être à l’origine de ces pannes, de la perte de plusieurs systèmes vitaux de l’avion. En ligne de mire, les sondes Pitot, du nom de l’ingénieur qui les a inventés pour les bateaux, Henri Pitot en 1732. Ces tubes dans lequel l’air s’engouffre permettent de mesurer la vitesse de l’avion. Ces minuscules orifices, au nombre de trois sur l’A330, sont sensibles à l’eau et au givrage. Ils peuvent se boucher et fournir des informations incohérentes. Cette fragilité des Pitot a d’ailleurs conduit un certain nombre de compagnies dont Air France, à les remplacer, ce qu’il n’avait pas encore été fait sur l’A330 accidenté. Cela ne prouve rien, mais la panne de deux Pitot sur trois, peut priver l’équipage de toutes références instrumentales, une situation qui devient alors très délicate, de nuit et dans le mauvais temps. Mais encore une fois, ce ne sont que des supputations, une piste parmi tant d’autres…
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