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- © Clara Arnaud
A cheval en Chine
Régis Picart - 23 janvier 2010
Clara Arnaud a l’impression d’avoir toujours été passionnée par la Chine. A 15 ans, elle a commencé à apprendre le mandarin. Elle ne s’intéressait pas vraiment au pays dont elle ne savait rien, elle était plutôt fascinée par les idéogrammes. Et puis un voyage en Asie centrale, au Kirghizstan, lui a donné envie de découvrir les régions méconnues à l’ouest de la Chine.
L’année dernière, l’année des Jeux Olympiques, à 21 ans, Clara se lance dans une traversée de l’ouest chinois à pied, accompagnée d’un puis de deux chevaux. L’équipage lui permet de transporter sa nourriture sur de longues distances et d’aller dans des coins qu’elle n’aurait pas osé aborder avec un sac à dos trop lourd. Les chevaux l’ont aussi astreinte à penser d’abord à eux et ne pas s’appesantir sur ces petits soucis à elle.
Et puis le cheval s’est révélé être un excellent passeport pour les rencontres. Lorsque Clara Arnaud arrive en avril au Tibet, par exemple, il n’y a rien. Tout est aride, gelé. Pour trouver et acheter de l’avoine, il lui faut multiplier les contacts et finalement les rencontres commencent par ces échanges commerciaux. C’est vrai qu’une jeune fille occidentale qui débarque dans un coin reculé de Chine où l’on n’a pas trop l’habitude de voir des touristes, cela ne laisse pas indifférent…
"La surprise que pouvait susciter ma présence, une jeune fille comme ça, perdue au milieu, par exemple, du Tibet, c’était un avantage, oui, pour me faire accueillir dans les familles auprès des femmes, des mères qui s’inquiétaient de mon sort, des enfants... C’était aussi un inconvénient des fois parce que j’ai vu des gens qui étaient hébétés de ma présence qu’ils en avaient presque peur. Particulièrement dans les régions nomades, les nomades Goloks que j’ai fréquentés au Tibet et qui sont des gens qui ont peu de contact avec les touristes dans les régions du nord du Tibet. Là, c’était très très dur. Parce qu’on me regardait avec effarement et je ne sais même pas comment ils interprétaient ma venue. Ca suscitait des craintes en fait."
Clara Arnaud est attirée par les marges, les minorités, comme les Ouïghours, les Tibétains. Elle apprécie les espaces de déserts, de hauts-plateaux faiblement peuplés et elle servie par la complexité de ce pays, complexité géopolitique, religieuse, démographique.
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