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- © Olivier Föllmi
La sagesse du photographe
Régis Picart - 2 janvier 2010
Olivier Föllmi se définit comme un photographe d’Humanité. Vingt ans passés dans l’Himalaya, au Zanskar, à l’époque où ce petit royaume bouddhiste était inconnu du grand public, laissent forcément une empreinte.
Olivier Föllmi est un photographe humaniste parce que ce sont les gens qui l’intéressent et il se donne les moyens, le temps, de les approcher. Ainsi, lorsqu’il arrive dans un village, il n’a jamais son appareil photo en bandoulière. Il commence toujours par réaliser quelques tours de magie. Cela intrigue les enfants, puis, petit à petit, les adultes arrivent aussi. Et c’est seulement au bout de quelques heures, quand tout le monde s’amuse de ce spectacle simple et gratuit, qu’Olivier Föllmi pense à faire des photos. Et il ne mitraille pas à la volée. Il discute avec ses sujets. La photographie devient un autre moyen de communication. Dans les villages d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du Sud où il a exercé son art ces sept dernières années, Olivier Föllmi s’attache à donner de l’importance à ses sujets. En leur consacrant du temps, il les met en valeur. Se sentant honorée par autant d’attention, la personne donne alors le plus beau d’elle-même.
C’est à l’occasion d’un voyage en Afghanistan qu’Olivier Föllmi a compris que l’on pouvait penser autrement que selon nos schémas de pensée occidentaux. C’était en 1976. Il avait dix sept ans…
"Arrivé à Kaboul, je suis allé dans le vieux bazar pour acheter un turban. Je suis arrivé dans une échoppe où il y avait le marchand qui buvait un thé, assis sur son kilim. Et j’ai acheté un turban et je suis allé vers lui et je lui ai dit : "voilà, je l’achète. Combien il coûte ?". Il m’a regardé et il m’a dit : "je ne te le vends pas, parce que tu ne l’as pas marchandé !". Et en fait, je me suis rendu compte que pour lui l’argent était simplement un moyen de communication. Il fallait s’asseoir, il fallait discuter. Et c’est ce qu’on a fait pendant une heure, à parler de nos familles, de nos vies. Et au bout d’une heure, on a commencé à marchander le turban. Ce n’était pas la somme qu’il allait gagner qui l’intéressait, cet homme. Il ne cherchait pas à thésauriser pour le lendemain. Il n’était pas dans cette logique."
Olivier Föllmi est aussi un philosophe. Avec son épouse Danielle, il a rassemblé les sagesses de l’Humanité dans des ouvrages où l’on retrouve des photos et les pensées de sages bouddhistes, africains, asiatiques, indiens, sud-américains. La collection "Offrandes de pensées" est éditée chez La Martinière.
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