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Retour sur un fait d’actualité du jour, pour vérifier et appronfondir le sujet. Phrase, attitude, photo... passées au crible pour mieux comprendre le monde qui nous entoure.

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Patrice Bertin

Ancien présentateur du journal de 19 h sur France Inter, puis directeur de la rédaction, il est aujourd’hui conseiller spécial du président de Radio France.

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Théorie des climats appliquée au rugby

Patrice Bertin - 8 février 2010

A première vue, le bon vieux tournoi des 6 nations garde tout son charme, merci. Certes, ca sautait aux yeux ce week-end, le rugby produit par les équipes européennes est loin d’atteindre le niveau technique ou physique des nations de l’hémisphère sud mais ca fait quand même passer de bons moments devant la télé. Surtout qu’il y a désormais des matchs le dimanche comme hier Ecosse/France et qu’il y en aura aussi en « prime time » comme Galles/France programmé un vendredi soir et France/Angleterre un samedi soir. Le rugby moderne s’attaque à l’audimat. C’est une bonne chose. Le foot n’est plus seul.

Malgré la platitude franchouillarde des commentateurs qui transmettent davantage de chauvinisme que de passion, les cameras multi-angles retransmettent, elles, assez justement la beauté d’un sport palpitant et rude et qui surtout, au contraire de beaucoup d’autres disciplines ne ment pas sur qui le pratique.

Par ordre d’entrée en scène comme on dit au théâtre, on aura ainsi retrouvé (et immédiatement reconnu) les Irlandais rouquins aux genoux cagneux et au jeu tempétueux, les Italiens vaillants comme des centurions mais lents comme la cuisson d’un risotto, les Anglais arrogants et pragmatiques pour tout dire sans âge, à l’image de leur extraordinaire maillot « vintage »célébrant cent ans de rugby, les Gallois chevelus et virevoltants aussi sanguins que le rouge de leur tunique, les Ecossais blonds, grands, joueurs et finalement aussi fantomatiques qu’un coucher de soleil sur leur château d’Edimbourg et puis des Français sous prozac qui cherchent encore qui ils sont où ils vont et comment, et qui ont inexplicablement choisi de remplacer le talent par la « muscu ».

Du bleu oui mais du bleu de chauffe. Pas besoin d’organiser un débat ou un séminaire gouvernemental sur l’identité nationale pour savoir qui on est. Suffit de regarder le tournoi à la télé.

Le billet de Patrice Bertin  (1'41")
 


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