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Retour sur un fait d’actualité du jour, pour vérifier et appronfondir le sujet. Phrase, attitude, photo... passées au crible pour mieux comprendre le monde qui nous entoure.

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Patrice Bertin

Ancien présentateur du journal de 19 h sur France Inter, puis directeur de la rédaction, il est aujourd’hui conseiller spécial du président de Radio France.

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Sherlock Holmes

Patrice Bertin - 4 février 2010

A première vue, l’affiche est alléchante : deux des plus belles gueulent d’Hollywood, Robert DOWNEY et Jude LAW, un bon metteur en scène britannique Guy RITCHIE et un scénario tiré de Conan DOYLE, tout pour faire un grand film.

Hélas le Sherlock HOLMES sorti hier sur les écrans français est un naufrage dans la Tamise ou le film patauge durant 127 interminables minutes.

Passe encore que l’intrigue soit parfaitement incompréhensible. Après tout HITCHCOK à bien expliqué que le Mc GUFFIN’, le prétexte pour lequel se battent les bons et les méchants sur l’écran n’a pas d’importance en soi. A la rigueur on pourrait aussi pardonner au méchant de service d’être plus comique que tragique .On pourrait même ne pas tenir rigueur aux deux seconds rôles féminins d’être presque totalement dépourvus de charme et de peps.

Mais hélas, rien d’autre ne pimente le navet. Ni les dialogues qui font illusion un quart d’heure puis tournent en boucle comme un vieux disque rayé, ni les fines allusions sur l’ambigüité du couple HOLMES-WATSON, ni surtout la mise en scène asthénique d’un RITCHIE au plus petit de sa forme.

Rien ne nous est épargné, ni les flashbacks assommants, ni les ralentis pompeux, ni les couleurs trafiquées avec en prime des trucages numériques qui font regretter les bons vieux décors en carton pate. Le rendu image du LONDRES du XIX siècle est affligeant. Quant aux habituelles et magistrales déductions de Sherlock HOLMES ponctuées de l’inévitable "élémentaire mon cher WATSON", il n’y en a pratiquement pas.

Bref, ce n’est pas comme le dit la promo une modernisation ou une adaptation de l’œuvre de Conan DOYLE, c’en est une trahison. Et le pire arrive à la fin avec le générique du même nom quand on comprend qu’il y aura une suite.

Alimentaire, mon cher WATSON !

La chronique de Patrice Bertin  (1'33")
 


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