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Georges Frêche : dérapage ou glissade ?
Patrice Bertin - 3 février 2010
A première vue, Georges FRECHE a ce qu’il méritait mais on peut se demander s’il n’a pas plutôt ce qu’il cherchait. A 6 semaines des régionales le Parti Socialiste appelle à voter contre lui et le voilà pris en sandwich entre la gauche et la droite et montré du doigt dans les medias depuis 15 jours pour avoir traité FABIUS de « pas très catholique ».
C’est le TSF, le tout sauf FRECHE et ca peut rapporter gros au comique montpelliérain. Déjà 4 points gagnés aux sondages en quelques jours car FRECHE se retrouve dans la position qu’il affectionne le plus. Il est précédé par un bzz digne d’une rock star, soutenu par Gégé DEPARDIEU, bonne conscience confortable de la majorité silencieuse, et pris en sandwich entre la gauche et la droite. Du coup, sublime paradoxe, c’est presque lui qui devient l’homme « à la tronche pas catholique ».
Et surtout il incarne le rôle de sa vie : l’élu de province turbulent qui se fait jeter par les états major parisiens. Le scénario rêvé de la France d’en bas victime de celle d’en haut et sacrifié sur l’autel du politiquement correct. Tout ça à cause ou grâce à ses petites phrases. Sur les footballeurs les harkis ou FABIUS.
Mais c’est étudié pour, les petites phrases. Si on parlait comme lui, on dirait de FRECHE qu’il a oublié d’être conso faconde très personnelle, ses provocations et son sens politique affuté l’ont conduit dans le club très fermé des élus locaux vaguement infréquentables mais quasi indéracinables, de droite ou de gauche, comme DEFERRE, MEDECIN ou BALKANY. Face à l’électeur LAMBDA parisien nourri aux préjugés de la classe politique il incarne si on peut dire l’électeur BETA provincial qui n’a pas sa langue dans sa poche.
Bref, on peu penser ce qu’on veut de Georges FRECHE mais surtout ne pas parler de son dérapage verbal. Un dérapage, c’est involontaire. Lui c’était prémédité. C’était une glissade et ce n’est pas qu’une simple nuance de vocabulaire.
| La chronique de Patrice Bertin (1'45") | |
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